Actualités 4 min de lecture Par Noémie Weber
À Lourdes, le pape Léon XIV appelle à prier pour que « cessent les guerres »
Pour son troisième jour en France, le pape Léon XIV a célébré une messe devant 150 000 fidèles à Lourdes et lancé un appel à la paix, avant une rencontre très attendue avec des victimes d'abus sexuels dans l'Église.
Le pape Léon XIV a célébré dimanche 27 septembre 2026 une messe en plein air sur la Prairie du sanctuaire marial de Lourdes, devant quelque 150 000 fidèles, et a lancé un appel à la paix. « Priez pour que la paix s'installe », a demandé le souverain pontife, qui effectue son troisième jour de visite en France. Il devait rencontrer dans l'après-midi des victimes d'abus sexuels commis au sein de l'Église catholique, un rendez-vous particulièrement scruté.
La journée du pape avait commencé par une rencontre avec les évêques français, avant un bain de foule en papamobile sur la prairie du sanctuaire, qui accueille chaque année trois millions de visiteurs. Devant les 150 000 personnes attendues, Léon XIV a célébré une nouvelle messe en plein air à 11 heures, comme l'avaient fait avant lui Benoît XVI en 2008 et Jean-Paul II en 1983 et 2004. Toute la matinée, familles, religieux, personnes en fauteuil roulant et bébés en poussette se sont pressés au son des cantiques diffusés par haut-parleurs.
La ville pyrénéenne d'environ 13 600 habitants s'est parée des couleurs jaune et blanc du Vatican, commerces et restaurants affichant dans leurs vitrines le portrait du souverain pontife. Selon la préfecture, les pèlerins devraient être au nombre de 200 000 au cours du week-end, prolongeant l'enthousiasme perçu à Paris. La circulation a été coupée dans la ville, les pèlerins ne pouvant y accéder que par bus spécialement affrétés ou par des navettes depuis Tarbes, à environ 25 kilomètres.
Arrivé à Lourdes la veille au soir, Léon XIV y avait lancé un message subtilement en lien avec la présidentielle de 2027. Le programme de la journée prévoyait également une rencontre avec des fidèles malades ou en situation de handicap à 15h30, ainsi qu'un entretien avec des religieuses. Une procession aux flambeaux était prévue à 21 heures.
Mais c'est la rencontre à huis clos avec sept victimes de violences sexuelles dans l'Église en France qui concentrait l'attention. Léon XIV est particulièrement attendu sur ce sujet sensible, d'autant qu'il n'en avait encore rien dit depuis son arrivée vendredi à Paris. Le sujet reste brûlant pour l'Église de France, cinq ans après le rapport choc qui avait estimé à 330 000 le nombre de victimes mineures en son sein depuis 1950.
Parmi les victimes qui devaient rencontrer le pape figure un ancien de l'institution Notre-Dame de Bétharram, mais aucun représentant de collectif, un choix très critiqué par ces derniers, qui déplorent « une mascarade » sans concertation ou « un jeu de concurrence victimaire ». En Espagne, où il avait rencontré six victimes en juin, Léon XIV avait dénoncé un « fléau » et demandé « vérité, justice et réparation ».
Des victimes d'abus sexuels attendent que « l'Église passe à la vitesse supérieure », alors que la visite du pape en France doit s'achever dans les prochains jours. Ce déplacement intervient dans un contexte de forte attente des fidèles et des associations de victimes, qui réclament des actes concrets après des années de révélations sur les abus commis au sein de l'institution catholique.
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