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mercredi 21 octobre 2026 · Paris

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À Paris, les comparutions immédiates après les violences du 17 octobre se poursuivent dans un climat tendu

Le tribunal de Paris a enchaîné mardi une deuxième journée de comparutions immédiates liées aux violences du 17 octobre, entre dossiers incomplets, retards et critiques des avocats sur la sévérité des réquisitions.

À Paris, les comparutions immédiates après les violences du 17 octobre se poursuivent dans un climat tendu
Violences du 17 octobre : A Paris, les comparutions immédiates s’enchaînent dans un climat de tensions

Le tribunal judiciaire de Paris a vécu une deuxième journée de comparutions immédiates consacrée aux violences du 17 octobre dans une ambiance électrique. Quatre salles accueillaient simultanément les prévenus, tandis que des dizaines de soutiens et de curieux s’amassaient devant les portes, beaucoup étant refoulés faute de place. L’audience de la salle 2.05 a débuté avec plus d’une heure de retard, la présidente elle-même ironisant sur l’heure tardive et la paperasse qui l’entourait.

Les dossiers s’enchaînent sans que tous les prévenus soient jugés sur le fond. Un homme de 21 ans, soupçonné de vol en réunion dans une enseigne de sport et de dégradations aux Galeries Lafayette, a demandé un délai pour préparer sa défense. Le parquet a aussitôt requis son placement en détention provisoire jusqu’à la fixation d’une nouvelle date. Un autre prévenu de 25 ans, jugé pour le vol de deux paires de baskets devant une boutique du Marais, a affirmé avoir été violenté lors de son interpellation. Son avocate a souligné qu’il présentait des bleus au visage et qu’un médecin lui avait prescrit deux jours d’ITT, mais que le certificat médical n’avait pas été transmis. Le parquet a requis dix-huit mois de prison, dont douze sous mandat de dépôt.

La tension est encore montée d’un cran lorsqu’un groupe de quatre personnes a fait irruption côté prévenus. Ils avaient passé près de vingt heures au tribunal depuis la fin de leur garde à vue et disposaient de quelques minutes seulement pour respecter le délai de comparution. Leur entrée a provoqué des échanges de sourires avec le public, ce qui a conduit la présidente à ordonner leur sortie. « Mais qu’est-ce qu’on a fait ? C’est une audience publique », ont protesté des personnes présentes, avant qu’un policier ne menace de les expulser par la force. Les quatre jeunes, âgés de 23 à 32 ans, ont ensuite reconnu avoir donné de faux noms. Ils ont été congédiés aussi vite qu’ils avaient été appelés.

Au fil de l’après-midi, les juges ont constaté que les délais de comparution avaient été dépassés pour deux prévenus, qui ont été remis en liberté immédiatement. On ne saura pas pourquoi ils étaient convoqués, ni s’ils avaient un lien avec les manifestations du 17 octobre. La confusion a gagné la salle : la présidente s’est emmêlée entre les noms, la greffière a été sollicitée de toutes parts et l’huissier s’est perdu dans les dossiers.

Au-delà de la surcharge, les avocats dénoncent une volonté politique de fermeté qui pèserait sur les jugements. Ils pointent les réquisitions systématiques de mandats de dépôt contre les prévenus demandant un délai, et s’interrogent : « Est-ce qu’on aurait eu ces réquisitions si ça s’était passé avant le 17 octobre ? » Un avocat a dénoncé une « peine d’élimination complètement disproportionnée » pour un prévenu de 20 ans, poursuivi pour le vol de lunettes de luxe et la présence de vidéos de magasins pillés dans son téléphone. Le parquet a requis deux ans de prison, dont un ferme, en le qualifiant de « vrai casseur ». En amont, des avocats avaient organisé une prise de parole pour dénoncer la dureté des peines déjà prononcées, estimant que la réponse à la mobilisation des lycéens se résumait à la répression.

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Rémi Lefèvre

Auteur

Reporter sport

Rémi Lefèvre couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.