Actualités 5 min de lecture Par Noémie Weber
Affaire Jubillar : de nouvelles fouilles lancées dans le Tarn avant la reconstitution
De nouvelles fouilles ont débuté à Mailhoc, dans le Tarn, pour retrouver le corps de Delphine Jubillar, deux jours avant la reconstitution du meurtre. Une quarantaine de gendarmes sont mobilisés sur des parcelles jusqu'ici non vérifiées.
De nouvelles fouilles ont été lancées à Mailhoc, dans le Tarn, pour tenter de retrouver le corps de Delphine Jubillar, disparue depuis décembre 2020. L'opération, qualifiée de complémentaire par les enquêteurs, a débuté ce mercredi matin, deux jours seulement avant la reconstitution du meurtre prévue sur les lieux du drame. Une quarantaine de gendarmes sont déployés sur place, selon les informations recueillies auprès des autorités.
Les recherches se concentrent sur des parcelles agricoles situées dans le secteur de Mailhoc, une zone qui avait déjà été évoquée par Cédric Jubillar lors de ses auditions. Selon la gendarmerie, ces champs n'avaient pas encore fait l'objet de vérifications approfondies. Le périmètre des recherches a été élargi pour couvrir ces nouvelles zones, ce qui explique la mobilisation importante des forces de l'ordre sur le terrain.
Cette opération intervient dans un contexte judiciaire particulièrement tendu. Le 15 juillet dernier, devant la justice, Cédric Jubillar a admis avoir étranglé Delphine Aussaguel, mère de leurs deux enfants, lors d'une dispute à leur domicile de Cagnac-les-Mines, dans le Tarn. Il a également indiqué avoir enfoui le corps dans le secteur de Mailhoc, ce qui a conduit les enquêteurs à concentrer leurs efforts sur cette zone géographique précise.
La reconstitution du meurtre, programmée pour la fin de la semaine, devrait permettre de reconstituer le déroulement des faits tels qu'ils ont été décrits par le principal suspect. Cette étape procédurale est déterminante pour les magistrats instructeurs, qui cherchent à confronter les déclarations de Cédric Jubillar aux éléments matériels recueillis depuis le début de l'affaire. La présence du mis en cause sur les lieux, en présence des enquêteurs et des parties civiles, pourrait apporter des précisions sur les circonstances exactes de la disparition.
Depuis la disparition de Delphine Jubillar en décembre 2020, les recherches se sont multipliées dans le Tarn, sans jamais permettre de retrouver le corps de la jeune femme. Les enquêteurs ont exploré de nombreuses pistes, mobilisant des moyens techniques importants, notamment des drones, des chiens spécialisés et des équipes de plongeurs. Malgré ces efforts, l'absence de dépouille a longtemps compliqué l'instruction, privant les parties civiles de réponses essentielles sur les circonstances exactes du décès.
L'aveu de Cédric Jubillar, intervenu en juillet dernier, a constitué un tournant dans ce dossier. Pour la première fois depuis le début de l'affaire, le principal suspect a reconnu avoir causé la mort de son épouse, tout en livrant sa version des faits. Il a évoqué une dispute conjugale qui aurait dégénéré, avant d'indiquer avoir enterré le corps dans un secteur boisé ou agricole du Tarn. Ces déclarations ont relancé les recherches dans des zones qui n'avaient pas été explorées jusque-là.
Les nouvelles fouilles de ce mercredi s'inscrivent donc dans cette dynamique. Les gendarmes, appuyés par des moyens techniques spécialisés, passent au crible les parcelles identifiées. L'objectif est double : retrouver le corps de Delphine Jubillar pour permettre une identification formelle et apporter des éléments matériels susceptibles de corroborer ou d'infirmer les déclarations du suspect. Pour les familles des victimes, la découverte du corps représenterait une étape douloureuse mais nécessaire vers la vérité judiciaire.
L'affaire Jubillar, qui a profondément marqué l'opinion publique française, reste l'une des disparitions les plus médiatisées de ces dernières années. Les deux enfants du couple, aujourd'hui pris en charge par des proches, sont au cœur des préoccupations des parties civiles. La reconstitution de cette semaine, suivie de près par les avocats et les magistrats, pourrait marquer une nouvelle phase dans l'instruction, à condition que les fouilles en cours apportent des résultats concrets.
Les autorités n'ont pas communiqué de calendrier précis concernant la durée des recherches. Les équipes restent mobilisées sur le terrain, tandis que les préparatifs de la reconstitution se poursuivent en parallèle. Pour l'heure, aucune découverte n'a été annoncée par la gendarmerie, qui maintient un dispositif important dans le secteur de Mailhoc.
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