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Assassinat d'Aramburú : Romain Bouvier plaide la panique et la défense d'un ami

Jugé pour tentative d'assassinat sur Federico Martín Aramburú, Romain Bouvier a livré sa version des faits devant la cour d'assises de Paris, reprenant la défense de Loïk Le Priol : la panique et la volonté d'aider un ami en détresse.

Assassinat d'Aramburú : Romain Bouvier plaide la panique et la défense d'un ami
Assassinat d’Aramburú : Romain Bouvier tient la même défense que Loïk Le Priol, « un ami en détresse »

Romain Bouvier, 35 ans, jugé pour tentative d'assassinat sur l'ancien rugbyman Federico Martín Aramburú, a livré mardi sa version des faits devant la cour d'assises de Paris. Au lendemain de l'interrogatoire de Loïk Le Priol, son comparse de longue date, l'accusé a repris une défense similaire, invoquant la panique et la volonté de porter secours à un ami en détresse.

Comme Loïk Le Priol la veille, Romain Bouvier a décrit une « perte de contrôle » dans un moment de « panique totale qui m'a rendu dingue de peur au point qu'instinctivement je sorte mon arme ». Il a expliqué avoir tiré quatre fois en quatre secondes, après avoir entendu Federico Martín Aramburú lui lancer « t'en veux encore, viens te battre » puis « t'es mort ». Selon lui, il n'a pas réfléchi, son corps ayant pris le contrôle. Il évoque un « effet tunnel » et un cœur battant si fort qu'il pensait « casser sa cage thoracique ».

Les deux hommes, qui se sont rencontrés au GUD au début des années 2010, présentent des versions qui s'alignent jusque dans les détails. Interrogés sur des images de vidéosurveillance montrant Loïk Le Priol sortir un couteau et mimer une scène près de la gorge de sa compagne de l'époque, Lyson R., également accusée, tous deux affirment qu'il s'agissait d'une scène du film Les Visiteurs. Romain Bouvier a même suggéré que son ami imitait Jean-Pierre Marielle dans Tenue de soirée. Le président de la cour, Franck Zientara, lui a rappelé qu'il était armé.

L'accusé soutient que c'est la peur, mêlée à « beaucoup d'alcool », et la crainte de voir son ami « éclaté au sol » qui l'ont poussé à monter dans la Jeep de Lyson R. après la bagarre du bar le Mabillon, à Paris. Il répète avoir « toujours été sincère » et affirme que s'il est parti à toute vitesse, « ce n'est pas pour faire le mal, c'est pour aider un ami en détresse ». Il dit avoir cru que les rugbymen s'acharnaient sur Loïk Le Priol et que celui-ci était en danger de mort.

Cette version contredit la thèse de la « chasse à l'homme » avancée par l'accusation, selon laquelle les deux hommes auraient voulu retrouver et « fumer » les ex-sportifs après s'être pris une raclée dans le bar. En maintenant leur récit, les coaccusés contestent la qualification des faits en assassinat et tentative d'assassinat. Pour eux, ils se sont simplement défendus, même s'ils ont sorti des pistolets face à des poings.

Un point central de l'affaire reste que, le 19 mars 2022 au petit matin, Loïk Le Priol et Romain Bouvier étaient tous deux sous contrôle judiciaire, avec interdiction de se voir et de porter des armes. « On était tous les deux et armés », a concédé Romain Bouvier, déjà condamné dans une précédente affaire de violences, tout en maintenant qu'il ignorait que son ami était armé. Les armes étaient chargées et ont fait feu, blessant et tuant Federico Martín Aramburú, père de famille de 42 ans.

Interrogé sur ses liens avec l'extrême droite, Romain Bouvier affirme n'avoir plus aucun lien avec ce milieu, malgré les images de Hitler ou d'officiers allemands retrouvées dans son téléphone, ou la vidéo d'un ami faisant un salut nazi dans celui de Loïk Le Priol. Il explique ses liens avec le GUD par des erreurs de jeunesse, tout en admettant avoir été « contaminé par certaines de ces idées, ce folklore, ces représentations de la culture gudarde ». Loïk Le Priol a tenu à nuancer, parlant d'« étudiants mais pas des nazis ».

Romain Bouvier a décrit une amitié « toxique » selon Loïk Le Priol, mais qu'il qualifie de « grand lien amical quasi fraternel ». Il a affirmé avoir investi en lui « le frère que je n'avais jamais eu et que j'aurais rêvé avoir ». Cette relation l'a entraîné, selon lui, dans de multiples affaires de violences. À la fin de près de trois heures de questions, il s'est adressé, ému, à la famille de Federico Martín Aramburú, avant de jurer « droit dans les yeux » du président qu'il ne remettrait plus jamais les pieds dans un tribunal.

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Pauline Delorme

Auteur

Rédactrice culture

Pauline Delorme couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.