Au moins 35 personnes ont été tuées dimanche dans une frappe de drone contre un tribunal coutumier de l’État du Darfour du Nord, au Soudan, selon l’ONG de défense des droits humains Emergency Lawyers. L’organisation accuse l’armée régulière soudanaise d’être responsable de cette attaque, qui a aussi endommagé le bâtiment où des civils s’étaient rassemblés pour assister à des audiences.
Le drame s’est produit à la mi-journée dans le village de Garra al-Zawaya. Selon Emergency Lawyers, des habitants étaient réunis dans ce tribunal traditionnel, qui sert à régler les litiges locaux et tribaux, lorsque la frappe est survenue. Le bilan, encore provisoire, ne précise pas le nombre de blessés.
Le gouvernement autoproclamé des Forces de soutien rapide (FSR), qui contrôlent une grande partie du Darfour, a condamné l’attaque en la qualifiant de « crime horrible ». Les FSR sont en guerre contre l’armée soudanaise depuis avril 2023. Le conflit a déjà fait des dizaines de milliers de morts et forcé des millions de personnes à fuir leur foyer.
La guerre a de facto scindé le Soudan en deux zones d’influence. L’armée tient le nord, l’est et le centre du territoire, tandis que les FSR ont consolidé leur emprise sur l’ouest, notamment le Darfour, et sur plusieurs secteurs du sud. Dans cette région, les frappes aériennes et les tirs d’artillerie touchent régulièrement des zones civiles, mais l’usage des drones s’est particulièrement intensifié ces derniers mois.
Selon les Nations unies, plus de 1.000 civils ont été tués au Soudan dans des frappes de drone au cours des cinq premiers mois de l’année. Ce chiffre illustre l’évolution d’un conflit dans lequel les deux camps recourent de plus en plus à ces appareils, avec un lourd tribut pour la population civile.
La guerre a également plongé le pays dans l’une des plus graves crises humanitaires au monde. L’ONU évoque la plus importante crise de la faim jamais enregistrée, alors que des millions de Soudanais dépendent de l’aide alimentaire. L’accès des organisations humanitaires reste toutefois très limité, entravé par les combats et les restrictions imposées par les belligérants.
Cette nouvelle frappe meurtrière intervient alors que les efforts de médiation internationale peinent à instaurer un cessez-le-feu durable. Les différentes tentatives de dialogue menées ces derniers mois n’ont pas permis de rapprocher les positions de l’armée et des FSR, laissant la population civile payer le prix d’une guerre qui dure depuis plus de trois ans.



