Actualités 3 min de lecture Par Pauline Delorme
Au Niger, le régime militaire affirme « reprendre progressivement le contrôle » face à des mutins
Le régime militaire au pouvoir au Niger a affirmé samedi « reprendre progressivement le contrôle » après une nuit de tirs nourris à Niamey, alors que des mutins ont « entrepris de séquestrer » des soldats dans la base militaire attenante à l'aéroport international Diori-Hamani.
Le régime militaire au pouvoir au Niger a affirmé, samedi 29 août, « reprendre progressivement le contrôle » face à des mutins qui ont « entrepris de séquestrer » des soldats dans la base militaire attenante à l’aéroport international Diori-Hamani de Niamey. Cette déclaration intervient après une nuit marquée par des tirs nourris et des détonations entendus dans plusieurs quartiers de la capitale, notamment celui qui abrite le palais présidentiel.
Des échanges de tirs importants ont été signalés dès la nuit de vendredi à samedi aux abords de la base militaire et se sont poursuivis toute la matinée dans différents quartiers de la ville. La télévision publique nationale a cessé d’émettre depuis plusieurs heures, sans explication officielle immédiate. Des barrages routiers ont également été érigés à l’entrée de l’aéroport, selon des images satellite, témoignant de la tension qui règne dans la ville.
Le régime, issu du coup d’État de 2023, n’a pas fourni de bilan précis des affrontements ni précisé l’identité des mutins. Il s’est contenté d’indiquer que les forces loyalistes étaient en train de reprendre la situation en main face à des soldats qui se seraient retournés contre leur hiérarchie. Aucune information n’a été communiquée sur d’éventuelles victimes ou arrestations.
Cette nouvelle crise intervient dans un contexte sécuritaire déjà fragile. Depuis janvier 2026, la junte au pouvoir a été confrontée à deux reprises à des attaques de groupes djihadistes, qui continuent d’opérer dans plusieurs régions du pays malgré les opérations militaires menées par les autorités. La base de l’aéroport de Niamey, située à proximité du palais présidentiel, constitue un point stratégique majeur pour le contrôle de la capitale.
La situation reste confuse à Niamey, où les habitants décrivent une atmosphère de psychose. Les communications sont perturbées et les déplacements limités dans plusieurs secteurs de la ville. Les autorités n’ont pas annoncé de couvre-feu ni de fermeture de l’espace aérien, mais la poursuite des tirs dans la matinée laisse planer le doute sur l’issue immédiate de cette mutinerie.
Le Niger, dirigé par un régime militaire depuis le renversement du président élu en 2023, traverse une période d’instabilité récurrente. Les tentatives de déstabilisation, qu’elles soient le fait de factions militaires ou de groupes armés, se multiplient dans un pays où l’autorité de l’État reste contestée sur une large partie du territoire. La communauté internationale suit avec attention l’évolution de la situation, sans que des réactions officielles n’aient été rendues publiques à ce stade.




