Actualités 5 min de lecture Par Noémie Weber
Au Yémen, le gouvernement annonce une offensive sur Sanaa, la coalition saoudienne s'y joint
Les forces gouvernementales yéménites, soutenues par l'Arabie saoudite, ont annoncé une offensive visant à reprendre Sanaa et l'ensemble du territoire aux houthistes pro-iraniens, avec des centaines de frappes déjà menées.
Les forces gouvernementales yéménites, appuyées par l'Arabie saoudite, ont annoncé le lancement d'une offensive militaire destinée à reprendre la capitale Sanaa et l'ensemble du territoire aux mains des houthistes pro-iraniens. L'annonce a été faite par le chef du Conseil présidentiel yéménite, qui a présenté cette opération comme une tentative de reconquête globale du pays.
La coalition dirigée par Riyad a confirmé qu'elle rejoignait cette offensive, apportant un soutien militaire décisif aux forces gouvernementales. Selon les autorités yéménites, des centaines de frappes ont déjà été menées contre des positions houthistes au lendemain de l'annonce de l'opération. Ces frappes visent à affaiblir les capacités militaires des rebelles avant une éventuelle progression terrestre vers la capitale.
Sanaa est contrôlée par les houthistes depuis 2014, date à laquelle le mouvement rebelle s'est emparé de la capitale et d'une grande partie du nord du Yémen. Cette prise de contrôle avait déclenché l'intervention militaire d'une coalition arabe conduite par l'Arabie saoudite en 2015, dans le but de restaurer le gouvernement internationalement reconnu. Depuis, le conflit a fait des dizaines de milliers de morts et provoqué l'une des pires crises humanitaires au monde, selon les organisations internationales.
L'offensive annoncée marque une nouvelle phase dans ce conflit qui dure depuis plus d'une décennie. Les forces gouvernementales, qui contrôlent le sud et l'est du pays, cherchent à reprendre les territoires du nord et du centre encore aux mains des houthistes. La coalition saoudienne, qui mène des frappes aériennes depuis 2015, voit dans cette opération l'occasion de reprendre l'initiative militaire après des années de front stabilisé.
Les houthistes, soutenus par l'Iran, n'ont pas encore réagi publiquement à cette annonce. Le mouvement dispose de capacités militaires importantes, notamment des drones et des missiles balistiques, qui lui ont permis de mener des attaques contre l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis par le passé. Ces dernières années, les houthistes ont également perturbé le trafic maritime en mer Rouge, ce qui a des conséquences sur le commerce international.
La situation humanitaire reste extrêmement préoccupante. Les combats le long de la ligne de front, notamment dans la région de Taëz, à l'ouest du pays, ont déjà provoqué des déplacements de populations. Une offensive sur Sanaa, qui abrite plusieurs millions d'habitants, pourrait aggraver encore les conditions de vie des civils, déjà éprouvés par des années de guerre et de blocus.
Sur le plan diplomatique, cette escalade intervient alors que les efforts de paix menés sous l'égide des Nations unies sont au point mort. Les pourparlers entre les parties yéménites n'ont pas permis de mettre fin aux hostilités. L'annonce de cette offensive pourrait compliquer davantage les tentatives de médiation régionale et internationale.
Les autorités yéménites affirment que l'objectif est de reprendre l'ensemble du territoire, y compris la capitale. Mais une telle opération représente un défi militaire considérable, les houthistes ayant eu des années pour fortifier leurs positions et préparer leurs défenses. La coalition saoudienne, de son côté, cherche à éviter un enlisement prolongé tout en affaiblissant son adversaire.
Pour les populations civiles, l'annonce de cette offensive ravive les craintes d'une nouvelle vague de violences. Les organisations humanitaires rappellent que l'accès à l'aide reste limité dans de nombreuses régions et que les infrastructures de santé et d'éducation sont déjà largement détruites. Toute escalade militaire risque d'aggraver une situation déjà critique.
Le conflit yéménite s'inscrit dans un contexte régional tendu, où l'Arabie saoudite et l'Iran s'affrontent par procuration. Les houthistes sont considérés comme un allié de Téhéran, tandis que la coalition dirigée par Riyad soutient le gouvernement yéménite. Cette dimension géopolitique rend toute résolution du conflit particulièrement complexe.
Alors que les combats se poursuivent le long des lignes de front, notamment à Taëz et dans d'autres provinces, l'issue de cette offensive reste incertaine. Les prochaines semaines seront déterminantes pour l'avenir du Yémen et pour l'équilibre des forces dans la région.
5




