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BFMTV : les débuts de Sonia Mabrouk déjà critiqués en interne

Deux syndicats et la société des journalistes de BFMTV dénoncent les débuts de Sonia Mabrouk, transfuge de CNews, accusée d'importer la ligne éditoriale de son ancienne chaîne. La direction défend des débuts « particulièrement réussis ».

BFMTV : les débuts de Sonia Mabrouk déjà critiqués en interne
BFMTV : Les débuts de la transfuge de CNews Sonia Mabrouk sont déjà critiqués en interne

Les débuts de Sonia Mabrouk sur BFMTV, après son transfert depuis CNews, suscitent déjà de vives critiques en interne. Mercredi 26 août 2026, deux syndicats du groupe RMC BFM, le SNJ et la CGT, ont publié un communiqué commun dénonçant « un défilé de personnalités d'extrême droite » dans la nouvelle émission de la journaliste, tandis que la société des journalistes (SDJ) de la chaîne s'est dite inquiète pour « l'équilibre des plateaux ».

« Sonia Mabrouk importe la ligne CNews, la direction regarde ailleurs », ont tonné les syndicats, qui accusent la direction de RMC BFM de « complaisance ». Depuis le lancement de l'émission « 100 % Mabrouk » le lundi 24 août, les syndicats pointent notamment la présence de deux invitées, l'entrepreneure Sophie de Menthon et l'essayiste Céline Pina, ancienne intervenante de CNews. Ils protestent également contre la programmation du maire divers droite de Béziers, Robert Ménard, prévu « pendant vingt minutes, chaque dimanche, sans aucun contradicteur ».

La direction de BFMTV, sollicitée par l'AFP, s'est dite « ravie d'accueillir Sonia Mabrouk sur BFMTV et de ses débuts particulièrement réussis ». Diffusée de 18h45 à 21h00, l'émission a réuni 375 000 téléspectateurs en moyenne le premier jour et 363 000 le deuxième, des scores supérieurs à ceux que réalise habituellement la chaîne à cet horaire. « Nous avons toute confiance en elle pour faire vivre le débat dans sa pluralité, fidèle à l'ADN de la chaîne : permettre l'expression et la confrontation des opinions, essentielles à la vie démocratique », a ajouté la direction.

Parallèlement, la SDJ de BFMTV a fait part de sa vigilance dans un message interne. « Il n'est pas question que, dans cette émission, notre chaîne d'information devienne une pâle copie d'une chaîne d'opinion », a prévenu la société des journalistes, alors que « nous entrons progressivement dans la période présidentielle ». La SDJ affirme avoir « parlé avec la direction lundi puis mardi » au sujet des invitées contestées.

Selon la SDJ, la direction « assure qu'il s'agit d'erreurs, que ces personnes ne reviendront pas, qu'ils s'engagent à être beaucoup plus vigilants à l'avenir sur le CV des invités et à ne pas faire venir en plateau d'anciens chroniqueurs de CNews ». Elle indique également chercher « une personnalité de gauche pour contrebalancer » la présence de Robert Ménard le dimanche.

Interrogée jeudi sur France Inter, Sonia Mabrouk a balayé les critiques, déclarant préférer « toujours l'attention à l'indifférence ». Avant sa rentrée sur sa nouvelle chaîne, la journaliste avait assuré à l'AFP que son émission accueillerait des « opinions tranchées » dans « une conversation saine », tout en assumant de parler de « nation et d'identité ». « Je ne compte pas importer une rédaction vers une autre, avait-elle affirmé, mais je viens comme je suis. »

CNews, chaîne appartenant au milliardaire conservateur Vincent Bolloré, est régulièrement accusée par la gauche de promouvoir les idées d'extrême droite, ce dont elle se défend. L'arrivée de Sonia Mabrouk sur BFMTV, l'une des principales chaînes d'information en continu françaises, avait été perçue comme un événement médiatique majeur, suscitant des interrogations sur l'évolution éditoriale de la chaîne à l'approche de l'élection présidentielle.

Pauline Delorme

Auteur

Rédactrice culture

Pauline Delorme couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.