Actualités 4 min de lecture Par Pauline Delorme
Christa Pike, 50 ans, doit être exécutée dans le Tennessee, une première depuis 200 ans
Condamnée en 1995 pour la torture et le meurtre d'une camarade de classe, Christa Pike, 50 ans, doit être exécutée dans le Tennessee. Sa défense invoque des troubles psychiatriques et une enfance marquée par des violences, mais le gouverneur a rejeté sa demande de grâce et la Cour suprême a refusé de suspendre l'exécution.
Le Tennessee s'apprête à exécuter Christa Pike, 50 ans, une première pour une femme dans cet État du sud-est des États-Unis depuis plus de deux siècles. Condamnée à mort en 1995 pour la torture et le meurtre de Colleen Slemmer, une camarade de classe âgée de 19 ans, elle attend son exécution dans le couloir de la mort depuis trente et un ans. Selon plusieurs médias américains, aucune femme n'a été exécutée dans le Tennessee depuis 1820.
Les faits remontent à 1995. Christa Pike, alors âgée de 18 ans, et Colleen Slemmer fréquentaient le même centre de formation professionnelle. Selon l'accusation, la condamnée considérait sa camarade comme une rivale amoureuse. Elle l'aurait attirée dans un lieu isolé avec son petit ami, Tadaryl Shipp, avant que la victime ne soit torturée puis tuée. Trente et un ans plus tard, Christa Pike ne conteste pas sa culpabilité.
Sa défense estime toutefois que la peine capitale n'est pas appropriée compte tenu de son âge au moment des faits et de son histoire personnelle. Ses avocats mettent en avant une enfance marquée par de graves violences sexuelles et des négligences, ainsi que des troubles psychiatriques diagnostiqués par la suite, notamment un trouble bipolaire et un syndrome de stress post-traumatique. Ils soulignent que ces éléments n'avaient pas été suffisamment exposés aux jurés lors de son procès et invoquent les connaissances acquises depuis sur le développement cérébral des adolescents et des jeunes adultes.
La demande de grâce de Christa Pike a été rejetée lundi par le gouverneur du Tennessee, Bill Lee. Sa défense s'est alors tournée vers la Cour suprême des États-Unis pour demander la suspension de l'exécution. La plus haute juridiction du pays a rejeté cette demande dans la journée. La mère de la victime souhaite au contraire que la condamnation prononcée il y a plus de trois décennies soit désormais appliquée.
Le cas de Christa Pike illustre les débats récurrents sur la peine de mort aux États-Unis, en particulier lorsqu'il s'agit de condamnés souffrant de troubles psychiatriques ou ayant commis leur crime à un âge précoce. Son petit ami, Tadaryl Shipp, qui avait 17 ans au moment du meurtre, a pour sa part été condamné à la prison à vie avec possibilité de libération conditionnelle, une différence de traitement que les défenseurs de Christa Pike mettent en avant.
L'exécution d'une femme demeure un événement rare aux États-Unis. Selon le Death Penalty Information Center, seulement 18 femmes ont été exécutées dans le pays depuis 1976, soit environ 1 % de l'ensemble des exécutions. La dernière exécution d'une femme dans le Tennessee remonte à plus de deux cents ans, ce qui confère à cette affaire une dimension historique.
La procédure doit se dérouler ce jeudi 1er octobre, selon les informations disponibles. Les autorités du Tennessee n'ont pas prévu de nouvelle suspension. Les avocats de la condamnée ont épuisé les recours disponibles au niveau fédéral, après le refus de la Cour suprême. L'affaire continue de susciter des réactions dans le pays, où la peine capitale reste appliquée dans une vingtaine d'États.
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