Udata

jeudi 1 octobre 2026 · Paris

Rechercher

Actualités 4 min de lecture Par

Christa Pike hospitalisée après l'échec de deux injections létales dans le Tennessee

L'exécution de Christa Pike, condamnée à mort pour un meurtre commis en 1995, a échoué mercredi 30 septembre dans le Tennessee. La quinquagénaire a survécu aux deux injections létales et a été transportée à l'hôpital. Les exécutions sont suspendues dans l'État et une enquête a été ouverte.

Christa Pike hospitalisée après l'échec de deux injections létales dans le Tennessee
Etats-Unis : Que se passe-t-il lorsqu’un condamné à mort survit à son exécution ?

L'exécution de Christa Pike, condamnée à mort dans le Tennessee depuis trente ans, a échoué mercredi 30 septembre. La quinquagénaire a survécu aux deux injections létales qui lui ont été administrées et a été transportée à l'hôpital, selon plusieurs médias américains. Les autorités de l'État ont immédiatement suspendu toutes les exécutions et ouvert une enquête sur les circonstances de cet échec.

Christa Pike, âgée de 50 ans, était détenue dans le couloir de la mort d'une prison de haute sécurité du Tennessee depuis sa condamnation pour un meurtre commis en 1995. Elle devait devenir la première femme exécutée dans cet État depuis deux cents ans. Ses avocats avaient multiplié les recours pour tenter d'empêcher la mise à mort, sans succès. La Cour suprême des États-Unis avait rejeté leurs dernières demandes quelques jours avant la date prévue.

L'échec de l'exécution a suscité de nombreuses questions sur les procédures en vigueur et sur le sort réservé à la condamnée. Selon l'avocat américain Lawrence J. Tjan, cité par le site Law Commentary, la jurisprudence de la Cour suprême répond généralement par la négative à la question de savoir si le fait de survivre à une tentative d'exécution empêche l'État de réitérer l'opération. Le code pénal fédéral, qui encadre la mise en œuvre des condamnations à mort, ne prévoit aucune marche à suivre particulière en cas d'échec.

Les exécutions ratées ne sont pas rares aux États-Unis. Dans un ouvrage retraçant l'histoire des « botched executions » entre 1890 et 2010, Austin Sarat, professeur de droit et de sciences politiques à Amherst College, estime que sur les 8 776 exécutions répertoriées durant cette période, plus de 3 % ont échoué. L'injection létale présente le taux d'échec le plus élevé, à 7,2 %, devant le gaz (5,4 %) et la pendaison (3,12 %).

Un précédent souvent cité est celui de Romell Broom, condamné à mort en 1985 pour le viol et le meurtre d'une adolescente de 14 ans. Son exécution par injection létale dans l'Ohio avait échoué le 15 septembre 2009. Le gouverneur avait d'abord programmé une nouvelle tentative une semaine plus tard, avant qu'un juge fédéral n'accorde un sursis de deux mois après un recours de ses avocats. Ces derniers estimaient que la tentative échouée « constituait une forme de torture qui a confronté Romell Broom à la perspective d'une mort lente », selon Amnesty International. Sept ans plus tard, la Cour suprême a finalement autorisé l'Ohio à réexécuter Broom. Une nouvelle date avait été fixée au 14 juin 2020, reportée au 16 mars 2022. C'est finalement le Covid qui a emporté Broom en décembre 2020.

Dans le cas de Christa Pike, l'enquête ouverte devra déterminer les causes exactes de l'échec des deux injections. Les autorités du Tennessee n'ont pas précisé si une nouvelle tentative d'exécution serait programmée. La suspension des exécutions dans l'État reste en vigueur jusqu'à nouvel ordre. Cette affaire relance le débat sur la peine de mort aux États-Unis, où plusieurs États ont déjà suspendu ou aboli cette pratique ces dernières années.

2Vues

Noémie Weber

Auteur

Journaliste société

Noémie Weber couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.