Actualités 4 min de lecture Par Rémi Lefèvre
Crues au Népal et au Tibet : la déstabilisation du permafrost pointée du doigt
L'effondrement d'un glacier à la frontière entre le Népal et le Tibet a provoqué des crues meurtrières, faisant au moins 362 morts et 1 300 disparus. Des glaciologues expliquent que cette catastrophe est liée au dégel du permafrost, accéléré par le changement climatique.
L'effondrement d'un glacier à la frontière montagneuse entre le Népal et le Tibet a provoqué des crues dévastatrices, faisant au moins 362 morts et 1 300 disparus, selon les bilans provisoires communiqués par les autorités locales. La catastrophe, survenue mercredi, a été provoquée par un effondrement de glacier, a confirmé jeudi l'Institut d'études géologiques des États-Unis. Une coulée de boue, de débris et de glace a dévasté deux vallées népalaises, emportant habitations, infrastructures et cultures sur son passage.
Pour Étienne Berthier, glaciologue au CNRS au laboratoire Midi-Pyrénées, ces crues sont « le résultat de la déstabilisation du permafrost » due au changement climatique. Le dégel des sols gelés en altitude fragilise les versants et les glaciers, augmentant le risque d'effondrements massifs. Ce phénomène, observé depuis plusieurs années dans l'Himalaya, n'est pas un événement isolé : la région connaît une multiplication de ces catastrophes, liée à la hausse des températures à haute altitude.
La glaciologue Heïdi Sevestre, interrogée par plusieurs médias, revient également sur l'origine de cette catastrophe. Elle souligne que la fonte accélérée des glaciers et la déstabilisation des terrains gelés créent des conditions propices à des écoulements torrentiels de boue et de glace. Ces phénomènes, autrefois rares, deviennent plus fréquents et plus intenses, menaçant directement les populations vivant en aval des vallées himalayennes.
Le bilan humain, encore provisoire, ne cesse de s'alourdir. Jeudi, les autorités évoquaient au moins 359 morts et plus de 1 400 disparus, dont quatre touristes français, selon des informations rapportées par La Croix. Les opérations de recherche et de secours se poursuivent, mais l'aide humanitaire arrive au compte-gouttes, compliquée par l'état des routes et l'isolement des zones touchées. Les équipes de secours népalaises, appuyées par des moyens internationaux, tentent de retrouver des survivants dans les décombres et les coulées de boue.
Cette tragédie relance le débat sur la vulnérabilité des régions de haute montagne face au réchauffement climatique. Les scientifiques appellent à renforcer les systèmes d'alerte précoce et à mieux cartographier les zones à risque, alors que la déstabilisation du permafrost pourrait provoquer d'autres effondrements dans les années à venir. Les autorités locales, de leur côté, doivent faire face à une crise humanitaire majeure, alors que des milliers de personnes ont perdu leur logement et leurs moyens de subsistance.
La communauté internationale s'organise pour venir en aide aux sinistrés, mais les besoins sont immenses. Les crues ont détruit des ponts, des routes et des réseaux d'eau potable, isolant plusieurs villages. Les organisations humanitaires préviennent que la situation pourrait encore se dégrader dans les prochains jours, notamment en raison des conditions météorologiques et des risques de nouvelles coulées.




