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Cyberattaque inédite contre les systèmes frigorifiques de centaines de supermarchés français

Dans la nuit de dimanche à lundi, une cyberattaque coordonnée a visé les installations frigorifiques de plusieurs centaines de supermarchés en France, provoquant la perte de produits frais et des pertes estimées à des dizaines de millions d'euros. Une enquête a été ouverte par le parquet de Paris.

Cyberattaque inédite contre les systèmes frigorifiques de centaines de supermarchés français
Faille logicielle, frigos à 35 °C, des millions d’euros perdus : les dessous de la cyberattaque inédite qui a frappé les supermarchés français

Une cyberattaque d'une ampleur inédite a frappé les systèmes de réfrigération de plusieurs centaines de supermarchés français dans la nuit de dimanche à lundi. Les pirates ont pris le contrôle à distance des équipements frigorifiques, modifiant les températures et entraînant la perte de produits frais. Selon les premières estimations, les pertes pourraient atteindre des dizaines de millions d'euros au niveau national.

Les enseignes touchées sont nombreuses. Au moins 300 magasins Intermarché et Netto, 80 Carrefour, une trentaine de Monoprix, moins d'une centaine de points de vente Coopérative U et plusieurs magasins E.Leclerc ont été concernés, selon un bilan encore provisoire. Thierry Cotillard, patron des Mousquetaires/Intermarché, a expliqué que les pirates avaient réussi à « mettre en dégivrage tous nos meubles froids et à les monter en température jusqu'à 50 degrés ». Pour respecter la chaîne du froid, les distributeurs ont dû jeter les produits touchés.

L'attaque a visé les systèmes de régulation frigorifique du fabricant danois Danfoss. L'entreprise a précisé que « la majorité des unités touchées sont des produits anciens […] qui ont atteint leur fin de vie et ne bénéficient plus de mises à jour logicielles ou de sécurité ». Danfoss avait signalé une faille importante le 18 septembre. Le directeur général de l'ANSSI, Vincent Strubel, a jugé « urgent de les déconnecter d'Internet, ou d'adopter a minima une politique de filtrage réseau très restrictive », en référence aux contrôleurs Danfoss AK-SM et AK-SC. Selon Antoine Hautin, du cabinet de cybersécurité Almond, ces équipements industriels, longtemps isolés d'internet, sont désormais accessibles à distance sans avoir toujours été conçus pour résister aux cyberattaques.

Le parquet de Paris a ouvert une enquête lundi 12 octobre, confiée à l'Office anticybercriminalité (OFAC). Les investigations doivent identifier les victimes et évaluer les dégâts, notamment les pertes alimentaires et les incidents concernant des équipements ayant commencé à prendre feu. L'ANSSI est mobilisée en France et au niveau européen. Le Premier ministre Sébastien Lecornu suit personnellement le dossier, selon son entourage.

La question des indemnisations se pose également. Intermarché estime que les assurances ne couvrent pas ce type d'incident. Pour Dominique Schelcher, PDG de Coopérative U, cette attaque contre des équipements indispensables à la conservation des aliments est « d'une extrême gravité et est inédit ». La Fédération du commerce et de la distribution réclame une transparence totale à Danfoss et aux entreprises chargées des installations frigorifiques.

Cette cyberattaque soulève des inquiétudes sur la sécurité alimentaire et la vulnérabilité des infrastructures connectées. Les autorités cherchent à identifier les pirates et leurs motivations, alors que l'attaque a touché des milliers de magasins en France et en Europe, tous liés au même fournisseur danois.

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Rémi Lefèvre

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Reporter sport

Rémi Lefèvre couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.