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Des drones russes frappent un pont de Kiev, un institut nucléaire et une école

Des drones russes ont visé jeudi un pont majeur de Kiev, reliant l'est et l'ouest de la capitale, tandis qu'un institut de recherche atomique a été touché la veille sans que son réacteur ne soit atteint. Une école a également été frappée, dans un contexte d'intensification des attaques russes contre l'Ukraine.

Des drones russes frappent un pont de Kiev, un institut nucléaire et une école
Guerre en Ukraine: des drones russes frappent un pont de Kiev, un institut de recherche nucléaire et une école

Des drones russes ont frappé jeudi un pont majeur de Kiev, l'un des principaux ouvrages d'art de la capitale ukrainienne, a annoncé le maire de la ville. Il s'agit de la première attaque importante rapportée par les autorités contre l'un des grands ponts de Kiev depuis le début de la guerre. L'ouvrage, qui enjambe le Dniepr et relie l'est et l'ouest de la ville, a été fermé à la circulation pendant environ une heure et demie avant de rouvrir.

Selon l'administration municipale, les résultats préliminaires de l'inspection n'ont révélé aucun dommage critique à la structure. Le pont touché est l'un des deux ouvrages de la capitale empruntés par le métro, ce qui souligne l'importance stratégique et quotidienne de cette infrastructure pour les habitants. Les autorités n'ont pas fait état de victimes dans l'immédiat.

L'agence nucléaire ukrainienne a par ailleurs révélé qu'un autre drone avait frappé la veille un institut de recherche atomique de Kiev, sans toucher le réacteur qui s'y trouve. Cette précision suggère que le site abrite une installation nucléaire de recherche, dont l'intégrité n'a pas été compromise selon les premières informations disponibles. L'attaque contre un centre de recherche scientifique constitue une escalade notable dans le type de cibles visées.

Les frappes de jeudi ont également touché une école, selon les autorités ukrainiennes. Ces attaques interviennent alors que la Russie continue d'augmenter l'intensité de ses bombardements contre l'Ukraine, en particulier contre la capitale. La veille, un institut de recherche atomique avait donc déjà été visé, ce qui porte à au moins trois sites distincts touchés en deux jours dans et autour de Kiev.

Cette séquence s'inscrit dans un contexte de durcissement des positions russes. Le président Vladimir Poutine a rejeté jeudi l'idée d'un arrêt mutuel des frappes à longue portée avec l'Ukraine, une proposition portée par Kiev et par les émissaires de Donald Trump. « On nous dit : qu'ils cessent de frapper vos raffineries, et vous cesserez de frapper leurs navires. C'est tout simplement ridicule », a-t-il déclaré lors d'un forum politique, avant de répondre « Non » lorsqu'il a été interrogé à nouveau sur cette possibilité.

Le dirigeant russe a également averti les Occidentaux qu'il pourrait recourir à « tous les types d'armes », y compris nucléaires, en cas d'attaque des armées de l'Otan contre l'exclave de Kaliningrad, située entre la Pologne, la Lituanie et la mer Baltique. Il a toutefois ajouté que la Russie n'avait pas l'intention d'attaquer quiconque, tout en promettant de riposter en cas d'agression. Ces déclarations alimentent les inquiétudes des capitales européennes.

Sur le terrain, les combats se poursuivent dans l'est du pays. Selon des calculs fondés sur les données de l'Institut pour l'étude de la guerre, l'armée ukrainienne a regagné 172 km² dans la région de Donetsk en septembre, dans le cadre de l'opération « Vilvaldi », soit environ 1,6 fois la superficie de Paris. Cette contre-offensive vise à éloigner le front des villes clés de Sloviansk et Kramatorsk.

Ailleurs, l'Ukraine n'a repris qu'un total de 32 km² dans les régions de Kharkiv, de Dnipropetrovsk et de Lougansk. Dans le camp adverse, les offensives russes dans les régions de Zaporijjia et de Soumy ont permis aux forces du Kremlin de s'emparer respectivement de 104,5 km² et de 20 km². Ces chiffres illustrent l'intensité des affrontements sur l'ensemble de la ligne de front.

La frappe contre un pont de Kiev revêt une dimension symbolique particulière. Les ponts de la capitale, qui franchissent le Dniepr, constituent des axes vitaux pour la circulation des personnes et des marchandises entre les deux rives. Leur fermeture, même temporaire, perturbe la vie quotidienne des habitants et rappelle que la guerre touche désormais des infrastructures civiles majeures au cœur du pays.

L'attaque contre un institut de recherche nucléaire soulève par ailleurs des questions de sécurité. Si le réacteur n'a pas été touché, la proximité d'une installation scientifique avec des frappes de drones illustre les risques d'escalade et les préoccupations internationales liées à la sûreté nucléaire en zone de conflit. Les autorités ukrainiennes n'ont pas précisé l'ampleur des dégâts sur le site.

Ces événements surviennent au 1 681e jour du conflit, selon le décompte établi par les observateurs. La capitale ukrainienne, plus que jamais dans le viseur de Moscou, subit une pression accrue, tandis que les discussions diplomatiques restent bloquées et que les menaces russes envers l'Europe se multiplient.

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Noémie Weber

Auteur

Journaliste société

Noémie Weber couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.