Actualités 4 min de lecture Par Mathieu Blanchard
Frappe houthiste sur le palais présidentiel d'Aden : le Premier ministre yéménite était sur place
Les rebelles houthistes ont revendiqué une attaque de missiles contre le palais présidentiel à Aden, où siégeait le Premier ministre yéménite. Le bilan provisoire fait état d'au moins quatre morts, tandis qu'une seconde frappe a visé Marib.
Les rebelles houthistes ont revendiqué une frappe de missiles contre le palais présidentiel à Aden, dans le sud du Yémen, où se trouvait le Premier ministre du gouvernement internationalement reconnu au moment de l'attaque. Le bilan provisoire fait état d'au moins quatre morts, selon des sources gouvernementales citées par plusieurs médias.
L'attaque, survenue ce jeudi 15 octobre, a visé un quartier général militaire situé dans l'enceinte du palais présidentiel, selon la revendication des houthistes. Des images diffusées après l'explosion montrent de la fumée s'échappant du complexe. Le Premier ministre se trouvait dans le bâtiment au moment de l'impact, a confirmé une source gouvernementale, sans que l'on connaisse dans l'immédiat son état de santé ni celui des autres responsables présents.
Dans le même temps, les forces gouvernementales ont fait état d'une autre frappe houthiste visant la ville de Marib, située dans le centre du pays. Cette double attaque intervient dans un contexte de guerre civile qui dure depuis plus d'une décennie et oppose les rebelles houthistes, soutenus par l'Iran, aux forces du gouvernement yéménite, appuyées par une coalition militaire menée par l'Arabie saoudite.
Aden, ancienne capitale du Sud-Yémen, est devenue le siège temporaire du gouvernement yéménite après que les houthistes se sont emparés de Sanaa, la capitale, en 2014. Le palais présidentiel de la ville abrite régulièrement des réunions ministérielles et des responsables de l'exécutif. La frappe de ce jeudi illustre la capacité des rebelles à atteindre des cibles hautement symboliques et stratégiques, malgré des années de conflit et une intervention militaire étrangère.
L'attaque a également provoqué des réactions régionales. L'Arabie saoudite a accusé l'Iran d'être derrière l'escalade, selon des déclarations rapportées par des médias internationaux. Téhéran, qui soutient politiquement et militairement les houthistes, n'a pas commenté dans l'immédiat ces accusations. Cette séquence s'inscrit dans un contexte régional tendu, marqué par des affrontements indirects entre l'Iran et ses adversaires du Golfe.
Le conflit yéménite a causé des dizaines de milliers de morts, majoritairement des civils, selon les organisations humanitaires. Il a aussi provoqué l'une des pires crises humanitaires au monde, avec des millions de personnes déplacées et dépendantes de l'aide internationale. Les infrastructures civiles, les hôpitaux et les écoles ont été durement touchés par les combats et les bombardements.
Pour l'instant, aucune information n'a été communiquée sur l'identité des victimes ni sur l'ampleur exacte des dégâts matériels. Les autorités yéménites n'ont pas précisé si le Premier ministre avait été blessé ou s'il avait été évacué vers un lieu sûr. La situation reste confuse à Aden, où les forces de sécurité ont bouclé les abords du palais présidentiel.
Cette nouvelle frappe pourrait compliquer les efforts diplomatiques en cours pour relancer un processus de paix, déjà fragilisé par des mois de négociations infructueuses. Les Nations unies ont appelé à plusieurs reprises les parties à cesser les hostilités et à privilégier le dialogue, sans succès jusqu'ici. La communauté internationale suit de près l'évolution de la situation, alors que le pays demeure divisé entre zones contrôlées par les houthistes et territoires sous autorité gouvernementale.
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