Actualités 3 min de lecture Par Pauline Delorme
Frappes saoudiennes près de Sanaa, les houthistes menacent Riyad
L'Arabie saoudite a bombardé un site pétrolier yéménite près de Sanaa. Les houthistes menacent de riposter en visant l'aéroport de Riyad, une raffinerie et le siège d'Aramco à Dammam. La France déconseille les voyages à Riyad.
L'Arabie saoudite a bombardé mardi 13 octobre 2026 un site de la Compagnie pétrolière du Yémen près de Sanaa, a annoncé la chaîne des combattants pro-iraniens houthistes. Un correspondant de l'Agence France-Presse dit avoir entendu une explosion dans la capitale yéménite. Une colonne de fumée s'élevait au-dessus de la zone visée, selon des images diffusées par les rebelles.
Cette frappe intervient après plusieurs jours d'attaques houthistes contre le territoire saoudien. Riyad avait prévenu mardi qu'elle ciblerait une compagnie pétrolière yéménite près de Sanaa, une menace mise à exécution quelques heures plus tard. Selon les houthistes, le site touché appartient à la Compagnie pétrolière du Yémen, une structure publique contrôlée par les rebelles dans les zones qu'ils administrent.
En représailles, les houthistes ont menacé d'attaquer à nouveau l'aéroport de Riyad ainsi qu'une raffinerie dans la capitale saoudienne et le siège de la compagnie pétrolière Aramco à Dammam. Ces menaces visent des infrastructures stratégiques du royaume, déjà ciblées par le passé. L'aéroport international King Khalid de Riyad et les installations d'Aramco, premier exportateur mondial de pétrole, constituent des points névralgiques pour l'économie saoudienne.
Dans ce contexte très tendu, l'ambassade de France déconseille à ses ressortissants de se rendre à Riyad. Cette recommandation s'ajoute aux avertissements émis par plusieurs chancelleries occidentales ces derniers jours. Le Comité international de la Croix-Rouge alerte de son côté sur l'urgence d'une désescalade du conflit, alors que les affrontements entre la coalition dirigée par Riyad et les rebelles houthistes se sont intensifiés depuis le début du mois.
La coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite intervient au Yémen depuis 2015 en soutien au gouvernement yéménite reconnu internationalement, contre les houthistes qui contrôlent une large partie du nord du pays, dont la capitale Sanaa. Ce conflit a fait des dizaines de milliers de morts et plongé le Yémen dans une crise humanitaire majeure. Les infrastructures pétrolières et aéroportuaires ont régulièrement été la cible de frappes et d'attaques de drones ou de missiles.
Les menaces houthistes contre Riyad et Dammam marquent une nouvelle escalade. Si elles étaient mises à exécution, elles pourraient perturber l'approvisionnement énergétique mondial et entraîner une riposte militaire saoudienne de grande ampleur. Les États-Unis et plusieurs pays européens suivent la situation avec attention, alors que la région reste marquée par de multiples tensions.
Pour l'instant, aucun bilan humain ni dégât matériel précis n'a été communiqué par les autorités saoudiennes ou yéménites. La frappe de mardi n'a pas été revendiquée officiellement par Riyad, qui n'a pas commenté dans l'immédiat. Les houthistes, de leur côté, ont promis une réponse « douloureuse » à toute nouvelle attaque contre leurs positions.
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