Actualités 4 min de lecture Par Rémi Lefèvre
Fusillade à Trappes : le maire dénonce une attaque « à connotation raciste »
Après la fusillade qui a fait un mort et plusieurs blessés à Trappes et La Verrière, le maire Ali Rabeh dénonce un attentat « objectivement islamophobe » et appelle à la concorde républicaine, tandis que le parquet antiterroriste s'est saisi de l'enquête.
Le maire de Trappes, Ali Rabeh, a qualifié vendredi d'« attentat à connotation raciste » et « objectivement islamophobe » la fusillade qui a ensanglanté sa commune et la voisine de La Verrière, dans les Yvelines. L'élu a exhorté ses concitoyens à la « concorde républicaine » après ce qu'il décrit comme une attaque visant délibérément une population en raison de ses origines ou de sa religion supposée.
Les faits se sont déroulés vendredi 23 octobre 2026 au cours d'un « périple meurtrier ». Un homme a ouvert le feu en rafale depuis une voiture à Trappes puis à La Verrière, tuant une personne et blessant au moins cinq autres, dont trois grièvement. Parmi les victimes figure une enfant de 12 ans, hospitalisée en urgence absolue. Le bilan humain, encore provisoire, a profondément choqué les habitants de ces deux communes des Yvelines.
Le parquet national antiterroriste (Pnat) s'est saisi du dossier, signe de la gravité et de la nature particulière de l'attaque. Sur place, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a déclaré qu'il s'agissait « clairement d'un crime terroriste ». La piste d'un crime raciste est étudiée par les enquêteurs, ce qui rejoint la qualification employée par le maire de Trappes. Ce dernier a insisté sur la dimension collective de la responsabilité, estimant que la société tout entière porte une part du fardeau dans la montée des tensions qui ont précédé ce drame.
Le suspect, un homme de 39 ans, a été interpellé le jour même. Il était déjà connu des services de police. Selon les éléments disponibles, il évoquait régulièrement sur les réseaux sociaux sa solitude et son désir de faire des rencontres. Son appartement était piégé, ce qui a compliqué le travail des forces de l'ordre. Ces détails dessinent le profil d'un individu isolé, mais dont les motivations précises restent à établir par l'enquête judiciaire en cours.
Au-delà du drame lui-même, la sortie du maire de Trappes constitue un cri d'alarme. Ali Rabeh met en garde contre les conséquences d'un climat de stigmatisation et de tensions communautaires. En qualifiant l'attaque d'« objectivement islamophobe », il entend rappeler que les victimes ont été visées pour ce qu'elles représentaient aux yeux du tireur, et non pour des raisons personnelles. Son appel à la « concorde républicaine » se veut une réponse politique à la division, dans une commune régulièrement citée pour ses difficultés sociales et son histoire migratoire.
L'enquête devra désormais établir le mobile exact du suspect et déterminer si l'attaque relève d'une logique individuelle ou d'une entreprise plus organisée. La saisine du Pnat ouvre la voie à des investigations approfondies sur les éventuels soutiens ou inspirations du tireur. Pour les habitants de Trappes et de La Verrière, la priorité immédiate reste le soutien aux victimes et à leurs familles, notamment à l'enfant de 12 ans toujours hospitalisée. Les autorités locales ont appelé au calme et à la solidarité, tandis que les questions sur les failles de la surveillance d'un individu déjà connu de la police restent en suspens.
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