Actualités 3 min de lecture Par Mathieu Blanchard
Gaza : un an après l'accord de cessez-le-feu, le bilan humain s'alourdit et l'aide reste entravée
Un an après l'accord de cessez-le-feu conclu sous l'égide de Donald Trump, les opérations militaires israéliennes se poursuivent à Gaza, où plus de 1 400 Palestiniens ont été tués selon l'OMS. L'enclave demeure dépendante de l'aide humanitaire, tandis que le processus de paix reste au point mort.
Un an après la conclusion de l'accord de cessez-le-feu à Gaza, le 10 octobre 2025, le texte n'a jamais été pleinement appliqué. Les forces israéliennes continuent leurs bombardements et occupent les deux tiers de l'enclave palestinienne, imposant des restrictions drastiques à l'acheminement de l'aide humanitaire, des équipements et des matériaux de reconstruction. La trêve, censée mettre fin à deux ans de guerre, n'existe aujourd'hui que sur le papier.
Le bilan humain s'est encore alourdi. Selon des données rassemblées par l'Organisation mondiale de la santé, plus de 1 400 Palestiniens ont été tués dans des opérations israéliennes depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu. Les opérations militaires se poursuivent malgré l'accord conclu avec le Hamas, continuant de coûter des vies dans l'enclave. Ce chiffre illustre l'écart entre les engagements pris il y a un an et la réalité du terrain.
La situation humanitaire demeure catastrophique. La bande de Gaza dépend toujours entièrement de l'aide extérieure pour survivre, alors que les restrictions israéliennes limitent son acheminement. Les conditions de vie restent extrêmes pour la population, qui se trouve sans perspective d'amélioration. Un an après la signature du plan de paix proposé par les Américains, les promesses n'ont pas été tenues, et l'enclave reste exsangue.
Le processus de paix est au point mort. Le plan proposé par Donald Trump, qui devait ouvrir la voie à une résolution durable, n'a pas produit les résultats escomptés. Sur le terrain, le cessez-le-feu est violé presque chaque jour par l'armée israélienne, selon plusieurs observateurs. Ce constat nourrit un sentiment de désespoir croissant au sein de la population de Gaza, qui ne voit aucune issue politique se dessiner.
En Israël, la question de Gaza est paradoxalement absente de la campagne pour les législatives. Alors que le pays reste profondément marqué par les attaques du 7 octobre, la paralysie politique persiste, comme l'analyse le géopolitologue Dominique Moïsi, spécialiste du Moyen-Orient. Les débats de campagne ne portent pas sur l'avenir de l'enclave ni sur les conditions de vie de ses habitants, laissant le dossier dans l'impasse.
Un an après, la promesse d'une paix durable pour Gaza reste donc lettre morte. L'accord signé sous l'égide de Washington devait mettre un terme à deux années de violences ; il n'a pas empêché la poursuite des opérations militaires, l'occupation de la majorité du territoire et l'aggravation de la crise humanitaire. La population palestinienne, privée de perspectives et dépendante d'une aide entravée, attend toujours les dividendes d'un cessez-le-feu qui n'a de cessez-le-feu que le nom.
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