Actualités 4 min de lecture Par Pauline Delorme
Incendie de l'université de Rouen : un étudiant mis en examen et écroué
Un étudiant d'une vingtaine d'années a été mis en examen pour « destruction par incendie » et placé en détention provisoire après l'incendie de l'Espace Michel-Serres, sur le campus de Mont-Saint-Aignan, dans la nuit du 17 octobre. L'enquête cherche d'éventuels complices.
Un étudiant d'une vingtaine d'années a été mis en examen pour « destruction par incendie » et placé en détention provisoire, jeudi 22 octobre, dans le cadre de l'enquête sur l'incendie qui a partiellement ravagé l'Espace Michel-Serres, sur le campus universitaire de Mont-Saint-Aignan, près de Rouen. Le bâtiment avait été touché par les flammes le 17 octobre, vers 2 h 30 du matin.
Le jeune homme, interpellé mardi, réside sur le campus, « presque en face du bâtiment qui a été brûlé », selon le procureur de la République de Rouen, Sébastien Gallois. Il a été identifié grâce aux images de vidéosurveillance. Pendant sa garde à vue, il « a gardé le silence », a précisé le magistrat. Son avocate, Me Chloé Chalot, a rappelé que le silence constitue un droit au cours d'une procédure pénale et « aucunement un indice de culpabilité », tout en soulignant que son client « demeure présumé innocent ».
L'incendie a causé d'importants dommages sur deux étages et une partie de la toiture de l'Espace Michel-Serres, un bâtiment réhabilité en 2020 pour 11 millions d'euros. Aucun blessé n'est à déplorer et le montant des dégâts reste à déterminer. Le bâtiment accueille notamment des services aux étudiants, deux amphithéâtres et principalement des personnels universitaires. Il n'était pas concerné par les blocages étudiants et lycéens qui avaient marqué la mobilisation du 17 octobre.
Les enquêteurs cherchent désormais à identifier d'éventuels complices. Selon le procureur, le suspect, présenté comme un étudiant « a priori banal », « n'a pas agi seul ». D'après les premières constatations, le feu aurait débuté dans un amas de détritus ou une poubelle située devant l'entrée du bâtiment. L'enquête se poursuit pour établir les circonstances exactes du départ de flammes et le rôle éventuel d'autres personnes.
L'avocate du suspect conteste par ailleurs les conditions de son placement en détention et dénonce la médiatisation de son interpellation, survenue avant la visite du ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste. « La justice ne peut se rendre sereinement dans de telles conditions », estime Me Chalot. La défense entend contester la décision de détention provisoire, alors que l'information judiciaire ne fait que commencer.
Cet incendie s'inscrit dans un contexte de violences survenues le 17 octobre dans plusieurs villes de France, notamment des dégradations et des pillages lors de la mobilisation. À Limoges, l'hôtel de ville a également été incendié et un premier suspect, un écologiste de 34 ans déjà connu des services de police, avait été interpellé mardi. À l'Assemblée nationale, les députés ont lancé une commission d'enquête parlementaire pour faire la lumière sur ces événements, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, ayant lui-même admis une « perte de contrôle » dans certaines villes.
À Rouen, l'enquête sur l'incendie du campus reste donc ouverte. La mise en examen et l'incarcération du jeune homme constituent une étape, mais les investigations se poursuivent pour déterminer si d'autres personnes ont participé au départ de feu et pour évaluer précisément l'ampleur des dégâts sur un équipement universitaire récemment rénové.
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