Actualités 5 min de lecture Par Noémie Weber
L'armée ukrainienne évacue un soldat blessé par drone aérien, une première
L'armée ukrainienne affirme avoir réalisé la première évacuation d'un soldat blessé par drone aérien en zone de combat, une opération rendue nécessaire par les mines et les drones russes.
L'armée ukrainienne a annoncé lundi avoir évacué pour la première fois un de ses soldats blessés à l'aide d'un drone aérien. Selon Kiev, il s'agit d'une opération inédite en zone de combat, rendue possible par le développement rapide de cette technologie depuis le début de l'invasion russe.
L'information a été diffusée sur Facebook par l'unité de dronistes de la 92e brigade mécanisée. Le soldat avait été blessé sur une position où une évacuation classique était impossible, en raison de la présence de mines et de drones russes. L'unité a accompagné son message d'une vidéo montrant la caméra embarquée du grand drone circulaire descendant vers le soldat, qui s'attache avec des sangles à l'appareil avant d'être tracté dans les airs.
Si cette évacuation est présentée comme la première documentée par drone aérien en zone de combat, les opérations de ce type menées par des drones mécanisés terrestres sont, elles, courantes. Le recours à des appareils volants pour extraire un blessé constitue donc une étape nouvelle dans l'usage militaire des drones, dont l'armée ukrainienne a fait un axe majeur de son effort technologique.
Cette annonce intervient dans un contexte de tensions accrues sur le front et autour du soutien occidental à Kiev. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déploré lundi que son pays n'ait reçu « aucun avertissement » de ses alliés avant les frappes russes de la nuit. Selon lui, l'armée russe a visé Kiev et ses environs avec 16 missiles balistiques et plusieurs autres régions d'Ukraine avec plus de 240 drones, ciblant notamment des infrastructures énergétiques.
« Une nouvelle attaque de missiles balistiques russes s'est produite en plusieurs vagues au cours de la nuit, et, encore une fois, il n'y a eu aucun avertissement préalable de nos partenaires », a regretté Volodymyr Zelensky sur X. L'Ukraine dépend du partage de renseignement occidental, et surtout américain, pour détecter les missiles russes et pour identifier et frapper elle-même des cibles.
Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, a affirmé lundi qu'il n'y avait eu « aucune pause » dans le partage de renseignements avec Kiev. « Je ne sais pas d'où il tire tout cela ou pourquoi il en fait part à la presse. Vous devriez lui demander. Il n'y a eu aucune pause », a-t-il déclaré à la presse lors d'une visite à Samarcande, en Ouzbékistan, en commentant une déclaration de Volodymyr Zelensky selon laquelle les États-Unis ont repris le partage de renseignements avec l'Ukraine après une interruption. « Ce sur quoi il doit se concentrer […] est de mettre fin à la guerre », a ajouté Marco Rubio.
Le président américain Donald Trump a accusé dimanche son homologue ukrainien de « ne pas vouloir mettre fin » à la guerre avec la Russie, sur fond de regain de tensions entre Washington et Kiev. Ces échanges illustrent la fragilité du soutien occidental au moment où l'armée ukrainienne cherche à préserver ses capacités sur le terrain, y compris par des moyens logistiques innovants comme l'évacuation par drone.
Sur le plan diplomatique, une rencontre en Chine en novembre, en marge du sommet de l'Apec, entre les dirigeants russe, chinois et américain a été « évoquée », a déclaré lundi le porte-parole du Kremlin. Il a toutefois écarté tout accord final sur le conflit en Ukraine sans la présence de Kiev. Selon le Wall Street Journal, le président russe Vladimir Poutine a proposé à ses homologues américain Donald Trump et chinois Xi Jinping une rencontre pour discuter d'une fin de conflit en Ukraine, à l'occasion du sommet de la Coopération économique de l'Asie-Pacifique les 18 et 19 novembre à Shenzhen.
« Mais aucune proposition concrète ni aucun accord, ni sur la tenue même de cette rencontre, ni sur un éventuel ordre du jour […] n'ont été discutés ni formulés par qui que ce soit », a précisé le porte-parole du Kremlin lors de son point presse quotidien. Il a également estimé que tout accord final pour mettre fin au conflit en Ukraine « sans la participation de représentants de Kiev prêts à assumer leurs responsabilités est impossible ». Les efforts diplomatiques de Washington pour mettre fin à l'offensive russe à grande échelle en Ukraine, déclenchée en février 2022, sont pour l'heure dans l'impasse.
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