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L'Iran a exécuté près de 60 manifestants et dissidents politiques en cinq mois, selon Human Rights Watch

Selon une enquête de Human Rights Watch, l'Iran a exécuté près de 60 manifestants et dissidents politiques en cinq mois, un chiffre en hausse depuis le début de la guerre entre la République islamique et les États-Unis. Les exécutions visent notamment des personnes ayant participé aux manifestations antigouvernementales de janvier.

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L'Iran a procédé à l'exécution d'environ soixante manifestants et dissidents politiques au cours des cinq derniers mois, selon une enquête publiée par l'organisation de défense des droits humains Human Rights Watch. Ce bilan, qui couvre une période récente, marque une accélération notable des exécutions à caractère politique dans le pays.

L'ONG souligne que cette augmentation intervient dans un contexte particulier : depuis le début de la guerre entre la République islamique et les États-Unis, le recours à la peine de mort pour des motifs politiques s'est intensifié. Les autorités iraniennes semblent ainsi utiliser l'appareil judiciaire comme un instrument de répression accru, en ciblant des personnes arrêtées lors de mouvements de contestation.

Parmi les personnes exécutées figurent notamment des individus ayant participé aux manifestations antigouvernementales qui ont éclaté en janvier. Ces rassemblements, qui ont mobilisé une partie de la population contre le pouvoir en place, ont été suivis d'une vague d'arrestations et de condamnations à mort. Human Rights Watch précise que ces exécutions visent des manifestants et des dissidents politiques, ce qui suggère une volonté de dissuasion et de répression des voix critiques.

Le chiffre avancé par l'organisation — près de soixante exécutions en cinq mois — représente une moyenne d'environ une exécution tous les deux à trois jours. Ce rythme, s'il est confirmé, constituerait l'une des périodes les plus meurtrières pour l'opposition iranienne ces dernières années. Il témoigne d'un durcissement du régime, qui n'hésite pas à recourir à la peine capitale pour faire taire toute contestation.

Human Rights Watch, dont l'enquête s'appuie sur des sources locales et des informations recoupées, appelle la communauté internationale à réagir face à cette situation. L'organisation dénonce une justice expéditive et des procès qui ne respectent pas les garanties fondamentales d'un procès équitable. Les condamnations à mort sont souvent prononcées à l'issue de procédures accélérées, sans que les accusés puissent bénéficier d'une défense effective.

Ce constat s'inscrit dans un contexte de tensions régionales et internationales exacerbées par le conflit entre l'Iran et les États-Unis. La guerre, qui a débuté il y a plusieurs mois, a fourni au pouvoir iranien un prétexte pour intensifier la répression contre toute forme d'opposition, qu'elle soit politique, sociale ou culturelle. Les autorités justifient ces mesures par la nécessité de préserver la sécurité nationale face à des menaces extérieures et intérieures.

Les organisations de défense des droits humains, dont Human Rights Watch, documentent depuis longtemps les violations commises en Iran. Elles alertent régulièrement sur le sort des prisonniers politiques, les conditions de détention et l'usage massif de la peine de mort. L'enquête publiée aujourd'hui vient confirmer une tendance lourde : celle d'un régime qui, loin de s'assouplir, renforce ses moyens de coercition.

La communauté internationale, notamment les pays européens et les instances onusiennes, est appelée à se saisir de cette question. Des voix s'élèvent pour demander des enquêtes indépendantes et des sanctions ciblées contre les responsables de ces exécutions. Toutefois, les leviers d'action restent limités face à un pouvoir iranien qui rejette les ingérences extérieures et poursuit sa politique répressive.

Pour les familles des victimes, ces exécutions constituent une double peine : à la perte d'un proche s'ajoute l'impossibilité d'obtenir justice. Les témoignages recueillis par les organisations de défense des droits humains font état de pressions, de menaces et d'un climat de peur généralisé. La société civile iranienne, déjà fragilisée par des années de répression, se trouve une nouvelle fois confrontée à la violence de l'État.

L'enquête de Human Rights Watch met en lumière l'urgence d'une mobilisation internationale. Elle rappelle que la peine de mort, en particulier lorsqu'elle est utilisée à des fins politiques, constitue une violation grave des droits fondamentaux. Le silence ou l'indifférence face à ces pratiques ne ferait qu'encourager leur perpétuation. Les regards se tournent désormais vers les chancelleries et les organisations internationales pour savoir quelles suites seront données à ces révélations.

Rémi Lefèvre

Auteur

Reporter sport

Rémi Lefèvre couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.