Actualités 4 min de lecture Par Pauline Delorme
L'Italie touchée par des violences urbaines en marge des manifestations contre la vie chère
À Milan, des magasins ont été pillés le week-end des 17 et 18 octobre, et des heurts ont éclaté à Bologne et Turin, sur fond de colère sociale et de mobilisation contre la cherté de la vie.
L'Italie a connu à son tour un week-end de tensions. En marge des manifestations contre la vie chère, des violences urbaines ont éclaté à Milan, où des magasins ont été pillés les 17 et 18 octobre, ainsi qu'à Bologne et à Turin, rapporte la chaîne publique française dans son journal de 20 heures. L'ampleur reste moindre que celle observée en France, mais les scènes de pillage et les heurts témoignent d'une contagion de la colère sociale à travers l'Europe.
À Milan, des manifestants ont couru dans des rues jonchées de débris au cours du week-end, selon les images diffusées par les médias. Les dégradations ont visé des commerces, dans un contexte de mobilisation contre la hausse des prix. Les villes de Bologne et de Turin ont également été le théâtre d'affrontements, sans que l'on connaisse encore, à ce stade, un bilan précis des dégâts ou des interpellations.
Ce débordement italien s'inscrit dans un mouvement plus large de protestation contre la cherté de la vie, qui a gagné plusieurs pays européens. Outre l'Italie, l'Albanie a elle aussi connu un week-end de violences, de Milan à Tirana, selon les observateurs. La colère de la jeunesse s'y exprime avec une intensité croissante, sur fond de difficultés économiques et de défiance envers les institutions. En Espagne, des tensions ont également été signalées.
En France, les manifestations du 17 octobre contre la vie chère se sont déroulées en grande partie dans le calme, mais ont été accompagnées de violences et de pillages dans plusieurs villes. Au moins 3 000 commerces ont été victimes de dégradations ou de pillages à Paris et dans plusieurs grandes agglomérations, selon un bilan communiqué par le ministre du Commerce. Le gouvernement a annoncé des mesures d'aide aux commerçants, notamment le recours au chômage partiel et la création d'un fonds de soutien spécifique.
Le président du Medef, Patrick Martin, a estimé qu'il était « grand temps que le pays se ressaisisse », invitant les chefs d'entreprise à s'exprimer. Il s'est inquiété des conséquences de ces événements sur l'attractivité française, évoquant des appels reçus de l'étranger et « la dégradation de l'image de la France ». Il a aussi jugé les forces de l'ordre « sous-dimensionnées » face aux violences du week-end et insisté sur le suivi psychologique nécessaire pour certaines victimes.
Le Premier ministre a demandé aux préfets de mettre en place des couvre-feux partiels et localisés dès le lundi soir pour protéger notamment les commerces. La mobilisation devrait toutefois se poursuivre : la coordination des « gilets jaunes » à l'origine du mouvement a appelé à deux nouvelles journées d'action, les samedis 24 et 31 octobre. En Italie, le mouvement contre la vie chère pourrait lui aussi se prolonger, alors que les autorités n'ont pas annoncé de mesures spécifiques en réponse aux violences du week-end.
La comparaison entre les deux pays est d'autant plus sensible que des appels à « faire comme en France » ont circulé dans les rangs des manifestants italiens. Les scènes de pillage à Milan rappellent les images des grandes villes françaises, même si l'échelle reste différente. Les pouvoirs publics italiens n'ont pas encore commenté publiquement l'ampleur des dégradations ni les suites judiciaires envisagées.
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