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L'ONU acte un dépassement inévitable du seuil de 1,5°C de réchauffement

Le rapport annuel du Pnue, publié le 21 octobre, confirme que le monde dépassera le seuil de 1,5°C de l'Accord de Paris, avec une trajectoire vers 2,6°C voire 2,8°C d'ici à 2100. L'ONU qualifie l'action climatique de « dangereusement insuffisante » et évoque un dépassement possiblement temporaire, au prix d'un recours risqué à la géo-ingénierie.

L'ONU acte un dépassement inévitable du seuil de 1,5°C de réchauffement
L’ONU acte «le dépassement inévitable» d’1,5°C de réchauffement, après des «décennies d’insuffisance climatique»

Le seuil de 1,5°C de réchauffement fixé par l'Accord de Paris sera dépassé. C'est la conclusion du rapport annuel du Programme des Nations unies pour l'environnement (Pnue), rendu public le 21 octobre, qui acte un dépassement jugé inévitable après des décennies d'insuffisance climatique. Selon les projections, le réchauffement devrait atteindre 1,7 ou 1,8°C dans le meilleur des scénarios de dépassement.

L'organisation onusienne précise toutefois que ce franchissement du seuil le plus ambitieux de l'Accord de Paris pourrait n'être que « temporaire ». Pour revenir sous la barre des 1,5°C, le Pnue préconise de recourir au captage de CO2, notamment par la géo-ingénierie — une option que l'organisation elle-même juge « risquée et coûteuse ». Cette position illustre l'impasse dans laquelle se trouvent les États : les engagements actuels ne permettent pas de tenir l'objectif de Paris, et les solutions technologiques envisagées pour y revenir restent incertaines.

La trajectoire mondiale est en effet bien plus sombre que le seul dépassement du seuil de 1,5°C. À trois semaines de la 31e conférence de l'ONU sur le climat, qui se tiendra en Turquie, les projections pointent vers un réchauffement de 2,6°C, voire 2,8°C, d'ici à 2100. Ces chiffres aggravés s'expliquent notamment par le retrait des États-Unis de l'Accord de Paris, qui pèse sur les efforts collectifs de réduction des émissions.

Les Nations unies qualifient de « dangereusement insuffisantes » les politiques climatiques actuelles. Le rapport rappelle la nécessité d'efforts drastiques et immédiats pour lutter contre le réchauffement. Sans un changement de cap rapide, le dépassement du seuil de 1,5°C ne sera pas une anomalie temporaire mais une nouvelle norme, avec des conséquences durables sur les écosystèmes, les économies et les populations les plus vulnérables.

La publication de ce rapport intervient dans un contexte de tension diplomatique autour du climat. La conférence de Turquie sera l'occasion de mesurer si les États sont prêts à rehausser leurs ambitions ou si, comme le redoute l'ONU, la trajectoire actuelle se poursuivra. Le débat sur la géo-ingénierie, déjà controversé, devrait s'inviter dans les discussions : le Pnue lui-même reconnaît les risques et les coûts d'une telle approche, ce qui souligne le caractère limité des options disponibles pour corriger la trajectoire.

Pour les lecteurs, ce rapport constitue un point de repère : le seuil de 1,5°C, longtemps présenté comme une limite à ne pas franchir, devient une cible à retrouver après l'avoir dépassée. Les décisions prises lors des prochaines négociations climatiques détermineront si ce dépassement reste temporaire ou s'il s'installe durablement.

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Pauline Delorme

Auteur

Rédactrice culture

Pauline Delorme couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.