Actualités 3 min de lecture Par Noémie Weber
La Cour suprême autorise provisoirement le décret de Trump sur le vote par correspondance
La Cour suprême des États-Unis a autorisé, par six voix contre trois, l'entrée en vigueur provisoire du décret présidentiel renforçant les conditions du vote par correspondance. La décision, qui ne tranche pas le fond, permet la création d'une liste fédérale des électeurs, une mesure contestée par des États dirigés par les démocrates.
La Cour suprême des États-Unis a donné provisoirement raison à Donald Trump dans le bras de fer qui l'oppose aux États démocrates sur l'encadrement du vote par correspondance. Par six voix contre trois, la plus haute juridiction du pays a autorisé l'entrée en vigueur, jusqu'à nouvel ordre, du décret signé le 31 mars par le président américain pour renforcer les conditions de ce mode de scrutin.
La mesure avait été suspendue par un tribunal fédéral de première instance, saisi par plusieurs États dirigés par les démocrates. Sans trancher le fond du dossier, la majorité conservatrice de la Cour a estimé que cette suspension causait un préjudice au gouvernement fédéral, contrairement aux arguments avancés par les États contestataires. La portée de cette décision reste toutefois limitée, la Cour précisant qu'elle « ne signifie pas que quelque mesure que le gouvernement prendra pour appliquer ce décret sera nécessairement légale ».
Le décret prévoit notamment la création, par les services de l'immigration et de la Sécurité sociale, d'une liste fédérale des électeurs habilités à voter. Le service des Postes ne pourrait délivrer les bulletins de vote par correspondance qu'aux personnes figurant sur cette liste. Donald Trump et le camp républicain présentent ces dispositions comme un moyen d'empêcher des étrangers de participer aux élections américaines, un phénomène qui reste pourtant extrêmement rare selon les statistiques officielles.
Les trois juges progressistes de la Cour ont voté contre cette décision, considérant que les États, chargés de l'organisation des scrutins y compris fédéraux, sont directement concernés par ces changements des règles électorales. Cette validation intervient à moins de trois mois des élections de mi-mandat, qui verront les Américains renouveler une partie du Congrès.
Le président américain dénonce régulièrement le vote par correspondance et continue de l'associer à sa défaite de 2020 face au démocrate Joe Biden, qu'il ne reconnaît toujours pas. Le recours à cette méthode de vote n'est pourtant pas absent des pratiques de Donald Trump lui-même : il a voté par correspondance lors de la primaire républicaine organisée en Floride la semaine dernière, alors que son administration cherche désormais à encadrer plus strictement cette possibilité au niveau fédéral.




