Actualités 4 min de lecture Par Rémi Lefèvre
La Russie menacerait l’Otan, selon des médias américains, et frappe l’Ukraine en plein jour
Plusieurs médias américains affirment que le directeur de la CIA s’est rendu à Moscou pour dissuader la Russie d’une « attaque limitée » contre l’Otan. Le Kremlin dément. Parallèlement, des frappes de drones russes ont tué une personne et blessé une dizaine d’autres en Ukraine.
La Russie préparerait-elle une attaque contre des pays européens membres de l’Otan ? C’est ce qu’affirment plusieurs médias américains, selon lesquels le directeur de la CIA, John Ratcliffe, s’est rendu à Moscou mardi pour dissuader la Russie de s’en prendre à l’Alliance atlantique. Des évaluations des services de renseignement américains indiquent en effet que la Russie pourrait chercher à mettre l’Otan à l’épreuve au moyen d’une « attaque limitée ».
Le Kremlin a rapidement réagi ce jeudi, qualifiant d’« histoires alarmistes » ces affirmations de la presse américaine. « Cela n’a rien à voir avec la réalité et n’a rien à voir avec les intentions de la Russie », a déclaré le porte-parole Dmitri Peskov, accusant au contraire les pays européens de faire preuve d’« agressivité ». De son côté, Donald Trump a assuré, depuis un point presse à la Maison Blanche, que le président russe Vladimir Poutine « n’allait pas attaquer un territoire de l’Otan ». Quant aux services de renseignement européens, ils « ne voient pas de risques d’attaque russe contre les pays européens », a assuré ce jeudi une haute responsable européenne sous couvert d’anonymat.
Parallèlement, la guerre se poursuit sur le terrain. Un mort et une dizaine de blessés : c’est le bilan humain des frappes de drones russes ayant touché plusieurs régions d’Ukraine en plein jour ce jeudi. « À Kharkiv, un homme a été tué et plusieurs personnes blessées en conséquence d’une attaque de drone ennemie sur un centre commercial », a indiqué le parquet de la région de Kharkiv, située dans le nord-est, non loin de la frontière avec la Russie. Les autorités locales ont également fait état dans la journée de trois blessés à Kherson dans une frappe sur un bus municipal, trois à Odessa, et quatre autres dans la capitale Kiev.
Le chef d’état-major russe, Valéri Guérassimov, s’est pour sa part rendu auprès des troupes russes dans la région occupée de Donetsk, selon des informations rapportées ce jeudi. Cette visite intervient alors que le conflit, entré dans son 1 646e jour, ne montre aucun signe d’apaisement.
En Russie, les autorités ont annoncé l’ouverture d’une enquête après la mort d’un militaire dans l’explosion d’une voiture en banlieue de Saint-Pétersbourg. « La personne décédée est un militaire […] et son épouse a également été blessée », ont indiqué les autorités russes. Selon Fontanka, média basé à Saint-Pétersbourg, il s’agit d’un lieutenant-colonel de l’armée russe servant dans les forces de défense antiaérienne. L’engin explosif a détonné en milieu de matinée alors que le couple quittait son domicile. Plusieurs responsables de l’armée russe ont été la cible d’assassinats revendiqués ou imputés à l’Ukraine depuis le début du conflit. L’Ukraine n’a pour l’heure pas fait de commentaire sur cette explosion.
Sur le plan diplomatique et financier, quatre pays européens — la Pologne, l’Espagne, les Pays-Bas et la Suède — font pression, dans une lettre commune publiée ce jeudi, pour utiliser les avoirs gelés russes dans l’Union européenne afin de renforcer le soutien financier à l’Ukraine. Un moment évoqué, ce recours a finalement été abandonné en décembre dernier, les 27 se ralliant à l’option d’un emprunt de 90 milliards d’euros pour aider l’Ukraine, garanti par le budget européen. « Nous sommes bien conscients que cette question est complexe et que nous devons trouver des solutions qui prennent en compte les intérêts légitimes », affirme cette lettre. Quelque 210 milliards d’euros d’avoirs russes sont gelés dans l’UE depuis l’invasion de l’Ukraine en février 2022. L’utilisation de cette manne a été en particulier vivement contestée par la Belgique, où se trouvent 90 % de ces avoirs, gérés par la société Euroclear.




