Actualités 5 min de lecture Par Rémi Lefèvre
Le PAM réduit son aide à Gaza, 500 000 Palestiniens privés de soutien alimentaire
Le Programme alimentaire mondial annonce une réduction de ses opérations dans la bande de Gaza faute de financements, privant un demi-million de Palestiniens d'une aide alimentaire cruciale et divisant par deux les rations distribuées.
Le Programme alimentaire mondial (PAM) a annoncé lundi devoir réduire son aide alimentaire dans la bande de Gaza, une décision qui privera au moins 500 000 Palestiniens d'un soutien vital. L'agence onusienne invoque des « pénuries de financement » pour justifier ce recul, alors que la population gazaouie demeure dépendante d'une assistance humanitaire massive.
Principalement financé par les contributions volontaires des gouvernements et par des dons privés, le PAM affirme faire face à une forte baisse de ses ressources. Cette contraction budgétaire l'oblige à revoir son plan d'action à la baisse, avec des conséquences directes sur le terrain. Parallèlement à la réduction du nombre de bénéficiaires, l'agence onusienne indique devoir diviser par deux les rations distribuées, ce qui signifie que les personnes encore soutenues recevront une quantité de nourriture nettement inférieure à leurs besoins.
La décision intervient dans un contexte où la bande de Gaza reste marquée par une crise humanitaire profonde. Le PAM, qui figure parmi les principaux organismes d'aide alimentaire des Nations unies, joue un rôle central dans l'approvisionnement des populations les plus vulnérables. La réduction de ses opérations risque d'aggraver une situation déjà critique pour des centaines de milliers de familles qui dépendent de cette assistance pour se nourrir.
L'annonce a été formulée avec une certaine gravité par les responsables de l'organisation, qui appellent à ne pas se détourner de la situation. « Ce n'est pas le moment de détourner le regard », a ainsi déclaré l'ONU, soulignant l'urgence de maintenir le soutien aux populations concernées. Ce message s'adresse autant aux bailleurs traditionnels qu'aux donateurs privés, dont les contributions conditionnent la capacité de l'agence à poursuivre ses distributions.
Le mécanisme de financement du PAM repose sur la générosité des États et des particuliers, ce qui le rend particulièrement sensible aux variations des engagements internationaux. La baisse des ressources évoquée par l'organisation reflète une tendance plus large, où les crises humanitaires se multiplient tandis que les financements stagnent ou reculent. Pour Gaza, l'effet est immédiat : moins de bénéficiaires, des rations réduites et un filet de sécurité alimentaire qui se fragilise.
Les 500 000 personnes concernées par cette réduction ne représenteront plus des bénéficiaires du PAM, du moins temporairement. Cette décision soulève des questions sur les capacités de substitution d'autres acteurs humanitaires, alors que les besoins restent considérables. Les organisations présentes sur le terrain alertent régulièrement sur la difficulté d'accéder aux populations et sur l'insuffisance des volumes d'aide acheminés.
Pour les habitants de Gaza, la diminution des rations signifie un risque accru de malnutrition, en particulier pour les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées. Les ménages les plus pauvres, qui consacrent l'essentiel de leurs maigres ressources à d'autres besoins essentiels, dépendent presque entièrement de l'aide alimentaire pour subsister. La réduction annoncée par le PAM pourrait donc avoir des répercussions durables sur la santé publique et la sécurité alimentaire de l'enclave.
L'organisation onusienne n'a pas précisé de calendrier détaillé pour la mise en œuvre de cette réduction, ni indiqué si des discussions étaient en cours avec de nouveaux bailleurs pour reconstituer ses stocks. Elle a en revanche insisté sur le caractère crucial de son action et sur la nécessité d'un soutien financier renouvelé pour éviter un effondrement plus large de l'assistance humanitaire.
Cette annonce s'inscrit dans un contexte régional tendu, où les regards se tournent vers les capacités de réponse de la communauté internationale. Le PAM, en réduisant ses opérations, envoie un signal d'alarme sur la soutenabilité du financement humanitaire à Gaza. Sans ressources supplémentaires, l'agence prévient que la situation pourrait encore se dégrader pour les populations les plus exposées.
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