Actualités 4 min de lecture Par Mathieu Blanchard
Le siège de CNews ciblé à Paris, 21 interpellations avant la mobilisation du 17 octobre
Une centaine de personnes cagoulées ont bloqué l'accès au parking du siège parisien de CNews et brisé des vitres samedi matin. La préfecture de police de Paris fait état de 21 interpellations, alors qu'une journée nationale de mobilisation est prévue dans toute la France.
Le siège parisien de la chaîne d'information CNews a été la cible d'une attaque samedi matin, quelques heures avant une journée nationale de mobilisation prévue dans toute la France. Selon la préfecture de police de Paris, une centaine de personnes cagoulées ont bloqué l'accès au parking du bâtiment, situé dans l'ouest de la capitale, avant que les forces de l'ordre n'interviennent. Au total, 21 personnes ont été interpellées.
Les faits se sont déroulés aux alentours de 7 heures. Les manifestants ont jeté des projectiles et brisé des vitres du bâtiment, qui abrite également la rédaction d'Europe 1. Des images diffusées sur les réseaux sociaux montraient des barrières renversées devant l'entrée. La préfecture de police a confirmé l'intervention rapide des unités sur place, notamment la brigade anticriminalité.
La chaîne, qui appartient au groupe de Vincent Bolloré, a réagi dans un communiqué en dénonçant ces violences. « Informer doit pouvoir se faire sans peur, sans intimidation et sans violence », a-t-elle déclaré, ajoutant que « la liberté de presse, essentielle à notre démocratie, repose aussi sur la possibilité pour chaque journaliste d'exercer son métier en sécurité, quelle que soit sa rédaction ». CNews a également exprimé sa solidarité avec « nos confrères » d'Europe 1, touchés par les dégradations.
Cet incident intervient à l'orée d'une journée de mobilisation nationale, la première depuis le début du mouvement lycéen et étudiant. Plusieurs manifestations sont prévues samedi en France pour faire converger « les colères » et dénoncer le renchérissement du coût de la vie. Le mouvement est soutenu par d'anciens gilets jaunes, certains syndicats dont la CGT, ainsi que des militants pour le climat. Selon des sources policières, environ 150 000 manifestants sont attendus hors agglomération parisienne, et autour de 40 000 à Paris.
Le parcours du cortège parisien a fait l'objet de discussions serrées avec la préfecture de police. Les organisations étudiantes et lycéennes, qui demandent depuis plus d'une semaine à être reçues par le Premier ministre, souhaitaient se rendre « jusqu'aux lieux de pouvoir » dans le centre de la capitale. Finalement, le rendez-vous a été fixé à 14 heures place de la République, en direction de la place de Clichy. Quelque 1 500 actions, manifestations, barrages filtrants ou blocages sont annoncés dans toute la France, et de nombreuses gares, ponts, péages, stations-service, raffineries et dépôts pétroliers pourraient être concernés.
Vendredi, la ministre de la Culture Catherine Pégard avait déjà déploré sur le réseau social X les violences « inacceptables » commises contre des journalistes en marge des récentes mobilisations lycéennes et étudiantes. Emmanuel Macron, depuis Bruxelles, a lancé un appel « au calme », estimant que le « droit de manifester » doit s'accompagner du « respect », sans « insulter » ni « casser ». Les autorités craignent que la journée ne dégénère en incidents similaires à ceux du matin, alors que le siège de CNews reste sous surveillance renforcée.
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