Actualités 4 min de lecture Par Pauline Delorme
Naza : Netanyahou demande une enquête sur les 24 militaires témoignant anonymement
Le documentaire Naza, qui dénonce les pratiques de l'armée israélienne à Gaza à travers les témoignages anonymes de 24 membres des forces de sécurité, suscite une vive polémique en Israël. Benjamin Netanyahou réclame l'ouverture d'une enquête pour identifier et poursuivre les témoins.
Le documentaire Naza, réalisé par les journalistes israéliens Yuval Abraham et Rachel Szor, provoque une onde de choc en Israël. Le Premier ministre Benjamin Netanyahou a demandé l'ouverture d'une enquête pour identifier les 24 membres des forces de sécurité israéliennes qui témoignent anonymement dans le film, rapporte la chaîne France 24. Selon le chef du gouvernement, le documentaire « raconte un récit mensonger, trompeur et tendancieux, qui diffame l'État d'Israël et l'armée à travers le monde », des propos relayés par Le Figaro.
Présenté comme un film à charge contre l'armée israélienne, Naza s'appuie sur les témoignages de ces 24 militaires et membres des forces de sécurité qui dénoncent les pratiques de l'armée à Gaza et les morts de civils. Le titre du documentaire fait d'ailleurs référence au terme « dommages collatéraux » dans le jargon militaire israélien, précise RFI. Le film remet en question le comportement d'une armée qui continue à s'autodéfinir comme « la plus morale au monde », souligne L'Humanité.
La sortie du film en France, prévue les 12 et 13 octobre, intervient dans un contexte politique tendu en Israël, à l'approche des élections législatives du 27 octobre. Selon France 24, les réalisateurs dénoncent les accusations de trahison dont ils font l'objet et défendent leur volonté d'ouvrir un débat public. Ils affirment que leur démarche vise à « ouvrir les yeux des Israéliens », rapporte L'Humanité.
Avant sa sortie en salles, Naza avait déjà suscité une vive controverse lors de sa présentation à la Mostra de Venise en septembre dernier. Le film y avait reçu 25 minutes d'applaudissements d'un public debout et un Prix spécial du jury, selon RFI. Cette reconnaissance internationale contraste avec les critiques virulentes dont le documentaire fait l'objet en Israël.
La demande d'enquête formulée par Benjamin Netanyahou vise à identifier les témoins anonymes afin de les poursuivre en justice, indique France 24. Cette initiative soulève des questions sur la protection des sources journalistiques et sur la liberté d'expression dans le pays. Les réalisateurs, Yuval Abraham et Rachel Szor, tous deux journalistes israéliens, n'ont pas encore réagi publiquement à cette demande.
Le documentaire sera disponible gratuitement en ligne sur le site du journal The Guardian à partir du mois de novembre, précise la source principale. Cette diffusion élargira considérablement l'audience du film, au-delà des salles françaises où il est projeté les 12 et 13 octobre. La controverse autour de Naza s'inscrit dans un débat plus large sur les actions de l'armée israélienne à Gaza et sur la manière dont la société israélienne appréhende ces questions.
En France, la sortie du film devrait relancer les discussions sur le conflit israélo-palestinien et sur le rôle des documentaires dans la formation de l'opinion publique. Les réactions politiques ne se sont pas fait attendre, certains élus exprimant leur soutien aux réalisateurs tandis que d'autres critiquent une œuvre jugée partiale. Le film continue de diviser, entre reconnaissance artistique et polémique politique.
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