Actualités 5 min de lecture Par Noémie Weber
Trump autorise temporairement les exportations de diesel russe, Zelensky dénonce un « cadeau » à Poutine
Donald Trump a annoncé un accord avec Vladimir Poutine prévoyant la livraison de plusieurs millions de tonnes de diesel russe sur les marchés américain et mondial. Washington suspend temporairement ses sanctions sur ces exportations, une décision qualifiée d'« indigne » par Volodymyr Zelensky, alors que les discussions de paix reprennent à Miami.
Donald Trump a annoncé vendredi que la Russie fournirait plusieurs millions de tonnes de diesel aux marchés américain et mondial, une décision qui suspend temporairement les sanctions imposées à Moscou depuis le début de l'invasion de l'Ukraine. Le président américain a présenté cet accord comme un moyen de faire baisser rapidement les prix des carburants, à quelques semaines des élections de mi-mandat.
Selon Donald Trump, qui s'exprimait sur Truth Social, Vladimir Poutine s'est engagé à livrer immédiatement plus de 300 000 tonnes de diesel, puis 500 000 tonnes supplémentaires en novembre et un million de tonnes dans un troisième temps. Jusqu'à trois millions de tonnes pourraient également être acheminées rapidement, en fonction des capacités des raffineries russes. Le Kremlin a confirmé ces volumes, et le département du Trésor américain a accordé une autorisation provisoire pour ces exportations.
« Les prix du diesel pour les Américains et, en réalité, pour le monde, VONT BAISSER RAPIDEMENT DANS DES PROPORTIONS RECORD ! », a assuré le président américain, qui a présenté cette baisse comme une priorité pour les agriculteurs, les éleveurs et les transporteurs routiers. L'annonce intervient alors que Washington cherche à relancer les négociations de paix avec Kiev.
Volodymyr Zelensky a vivement critiqué cette décision, la qualifiant d'« indigne ». Le président ukrainien a dénoncé une mesure qui risque de renforcer les capacités financières de Moscou dans sa guerre contre l'Ukraine. « Vous savez, cela ressemble à un beau cadeau d'anniversaire pour Poutine. C'est absolument horrible », a-t-il déclaré à Axios, deux jours après le 74e anniversaire de son homologue russe. Il estime que cet accord donne à Vladimir Poutine les moyens de mener « une guerre encore plus intense ».
Cette décision crée une brèche dans les sanctions occidentales sur les hydrocarbures russes, qui visent à limiter les ressources financières utilisées par Moscou pour poursuivre son offensive en Ukraine. Elle suscite l'incompréhension de Kiev, alors que les États-Unis se présentent comme un partenaire clé dans la défense ukrainienne.
L'annonce américaine coïncide avec la reprise, vendredi à Miami, des discussions entre les délégations américaine et ukrainienne, auxquelles participent également des conseillers à la sécurité nationale de plusieurs pays européens. Les représentants de Kiev ont rencontré Steve Witkoff, émissaire spécial de Donald Trump, et Jared Kushner. Volodymyr Zelensky a regretté que son équipe ait « simplement servi de façade » pendant que Washington négociait avec Moscou.
Steve Witkoff a néanmoins évoqué sur X des « discussions constructives » portant sur les garanties de sécurité pour l'Ukraine, la préparation à l'hiver, la résilience énergétique et les exportations de céréales. Les participants ont également abordé les dispositifs de sécurité à plus long terme pour l'Ukraine et l'Europe. L'émissaire américain n'a toutefois pas précisé si les négociations devaient se poursuivre samedi, comme initialement envisagé.
L'accord sur le diesel intervient dans un contexte politique intérieur tendu aux États-Unis. À l'approche des élections de mi-mandat, Donald Trump cherche à faire baisser les prix des carburants, un sujet sensible pour les ménages et les entreprises. La Russie, de son côté, voit dans cet accord une occasion de contourner partiellement les sanctions occidentales et de relancer ses exportations d'hydrocarbures.
Pour Kiev, cette décision risque d'affaiblir la pression internationale sur Moscou et de compliquer les négociations en cours. Les alliés européens, qui participent aux discussions de Miami, pourraient également s'inquiéter de cette entorse aux sanctions, alors que l'Union européenne a multiplié les mesures pour réduire ses importations d'énergie russe. La question de la cohérence des sanctions occidentales se pose désormais avec acuité.
Le ministère américain des Finances a précisé que l'autorisation accordée était provisoire, sans indiquer de durée. Les volumes annoncés représentent une part significative des exportations russes de diesel, qui étaient jusqu'ici limitées par les sanctions. Les marchés mondiaux du carburant, déjà volatils, pourraient réagir à cette annonce dans les prochains jours.
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