Actualités 4 min de lecture Par Mathieu Blanchard
Trump critique les frappes ukrainiennes sur les raffineries russes et évoque un « nouveau président » pour l'Ukraine
Le président américain Donald Trump a reproché à Volodymyr Zelensky de frapper les raffineries russes, responsable selon lui d'une pénurie mondiale de diesel, et a affirmé qu'il était « temps pour l'Ukraine d'avoir un nouveau président » pour parvenir à un accord avec la Russie.
Le président américain Donald Trump a vivement critiqué, vendredi 10 octobre, les frappes ukrainiennes contre des raffineries russes, affirmant qu'elles étaient à l'origine d'une pénurie mondiale de diesel. Selon lui, ces attaques menées par Kiev contre des infrastructures énergétiques russes nuisent à l'économie mondiale et ne font qu'envenimer le conflit. Donald Trump a également estimé qu'il était « temps pour l'Ukraine d'avoir un nouveau président », une déclaration qui remet directement en cause la légitimité de Volodymyr Zelensky à la tête de l'État ukrainien.
Ces propos ont été tenus alors que le président américain s'exprimait devant la presse à la Maison-Blanche, à Washington, avant de monter à bord de Marine One. Il a lié l'incapacité de Volodymyr Zelensky à mettre fin à la guerre avec la Russie à la nécessité d'un changement à la tête de l'Ukraine. « Il est temps pour l'Ukraine d'avoir un nouveau président » pour « parvenir à un accord » avec Moscou, a-t-il déclaré, sans préciser les modalités d'une telle transition ni les conditions d'un éventuel accord de paix.
Cette sortie intervient dans un contexte déjà tendu. La veille, Donald Trump avait annoncé un accord levant les sanctions sur le diesel russe, une décision qui a suscité de vives réactions. Le même jour, une attaque russe a frappé la ville de Zaporijjia, faisant au moins vingt morts, dont trois enfants, selon un bilan provisoire. Ce drame illustre la poursuite des combats meurtriers sur le terrain, malgré les appels répétés à une désescalade.
Les déclarations du président américain marquent un tournant dans le soutien affiché de Washington à Kiev. En remettant en cause la direction ukrainienne, Donald Trump semble vouloir imposer une nouvelle dynamique diplomatique, quitte à fragiliser son homologue ukrainien. Ce dernier n'a pas encore réagi publiquement à ces propos, mais ils devraient alimenter les débats sur la stratégie occidentale face à la Russie.
La question du diesel est au cœur des tensions. Les frappes ukrainiennes sur les raffineries russes ont réduit les capacités de raffinage de Moscou, provoquant une contraction de l'offre mondiale et une flambée des prix. Donald Trump reproche à Volodymyr Zelensky de privilégier une approche militaire qui, selon lui, pénalise les consommateurs et les économies du monde entier. Pour le président américain, seule une négociation directe avec Vladimir Poutine permettrait de mettre un terme au conflit.
Cette position suscite des interrogations chez les alliés européens, qui craignent un affaiblissement du front uni contre l'agression russe. La France et l'Allemagne, notamment, ont réaffirmé leur soutien à l'Ukraine, sans commenter directement les propos de Donald Trump. La perspective d'un changement de président en Ukraine, évoquée sans détour par Washington, pourrait compliquer les efforts de coordination militaire et diplomatique.
Sur le terrain, la guerre continue de faire des victimes civiles. L'attaque de Zaporijjia, survenue samedi, a détruit des immeubles résidentiels et semé la panique parmi les habitants. Les secours s'activent pour retrouver d'éventuels survivants sous les décombres. Ce bilan humain rappelle l'urgence d'une solution pacifique, alors que les initiatives diplomatiques restent bloquées.
Donald Trump, qui a fait de la fin du conflit ukrainien l'une de ses promesses de campagne, entend imposer sa méthode. En critiquant ouvertement Volodymyr Zelensky, il envoie un signal fort à Moscou et à ses partenaires. Reste à savoir si cette pression accélérera les négociations ou, au contraire, approfondira les divisions au sein du camp occidental. Une chose est sûre : la déclaration du président américain a déjà modifié les termes du débat sur l'avenir de l'Ukraine.
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