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Violences du 17 octobre : un commerçant lyonnais raconte avoir attendu trois jours avant l'intervention de la police

Alors que les violences du 17 octobre ont touché plusieurs villes de France, un commerçant lyonnais rapporte avoir appelé la police pendant le pillage de sa boutique et s'être vu répondre de patienter jusqu'au mardi. Son témoignage illustre les difficultés rencontrées par les forces de l'ordre face à des événements simultanés.

Violences du 17 octobre : un commerçant lyonnais raconte avoir attendu trois jours avant l'intervention de la police
Violences du 17 octobre : Le tourisme français est-il menacé par une crise d’image à l’international ?

Un commerçant lyonnais, patron d'un magasin de sport, affirme avoir contacté la police et la gendarmerie alors que sa boutique était sur le point d'être pillée, en marge des manifestations du samedi 17 octobre. Selon son récit, les forces de l'ordre lui ont demandé de patienter jusqu'au mardi avant de pouvoir intervenir. Le commerçant raconte qu'on lui a répondu de « relancer mardi », alors même que les pillages se déroulaient sous ses yeux.

Ce témoignage met en lumière les difficultés auxquelles les forces de l'ordre ont dû faire face ce week-end-là, alors que des violences et des pillages ont éclaté dans plusieurs villes françaises. À Lyon, l'antenne de l'office de tourisme a notamment été saccagée et incendiée. Les commerces ont été particulièrement ciblés, laissant les propriétaires démunis face à des scènes de chaos.

Les violences du 17 octobre ont eu un retentissement bien au-delà des frontières françaises. Plusieurs pays ont mis en garde leurs ressortissants présents en France, les appelant à éviter les grands rassemblements. L'Italie a demandé à ses citoyens de faire preuve d'« extrême prudence » et de s'enregistrer sur une application afin d'être localisés. L'Allemagne a également averti ses ressortissants, précisant que « d'autres manifestations et d'éventuels affrontements ne sont pas à exclure ». Le président américain Donald Trump a écrit que « la France brûle », tandis que Pékin a appelé ses ressortissants à la « vigilance face aux risques ».

Face à ces images de violences et de pillages, les professionnels du tourisme s'inquiètent d'un impact sur l'image de la France. Dans un communiqué commun, ADN Tourisme, l'Association nationale des élus des territoires touristiques, la Confédération des acteurs du tourisme et les Instituts nationaux du tourisme ont protesté : « Première destination touristique mondiale, la France ne peut accepter que la répétition d'images de violences et de pillages compromette la confiance de ses visiteurs et son rayonnement international. » Ils ont prévenu que le tourisme « ne peut devenir la victime collatérale de violences auxquelles il est urgent de mettre fin ».

Franck Chaumès, président confédéral de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie, principal syndicat patronal de l'hôtellerie-restauration, partage cette inquiétude : « Nos établissements ne sont pas des défouloirs. Nos professionnels ne peuvent pas être, manifestation après manifestation, ceux qui paient la facture des violences. »

Pour l'instant, ces inquiétudes ne se traduisent pas par une baisse généralisée de la fréquentation. Vanguelis Panayotis, président du cabinet de conseil et d'études MKG Consulting, relève toutefois un impact sur les réservations de dernière minute, notamment à Marseille. À Paris, alors que la dynamique était très forte avec les concerts de Céline Dion, la venue du pape, la Fashion Week ou le Mondial de l'Auto, « l'avance globale des hôtels par rapport à 2025 a fondu comme neige au soleil ». En une journée, la part de chambres déjà réservées pour les séjours entre fin octobre et fin novembre est passée de +1,0 à +0,2 point.

L'expert du tourisme note que les hébergements parisiens haut de gamme ralentissent le plus nettement et considère la clientèle « attentiste » devant de nouvelles manifestations, alors qu'un « Acte II » est annoncé pour samedi. « Si le mouvement se durcit et s'enracine, on pourrait alors passer à quelque chose de comparable avec les gilets jaunes en 2018 », poursuit-il, en soulignant « la résilience » de la destination France. En 2018, les violences en marge des mobilisations des gilets jaunes avaient affecté la fréquentation hôtelière en décembre.

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Pauline Delorme

Auteur

Rédactrice culture

Pauline Delorme couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.