Actualités 3 min de lecture Par Mathieu Blanchard
Washington envisage des frappes contre l'Iran dès ce week-end, selon Tom Barrack
L'émissaire américain Tom Barrack a évoqué vendredi la possibilité de frappes américaines contre l'Iran dès ce week-end, alors que les négociations entre Washington et Téhéran restent dans l'impasse et que Donald Trump minimise ses propos.
Les États-Unis pourraient mener de nouvelles frappes contre l'Iran dès ce week-end. C'est ce qu'a déclaré vendredi Tom Barrack, ambassadeur des États-Unis en Turquie et envoyé spécial pour la Syrie et l'Irak, lors d'un entretien accordé à l'influenceur Mario Nawfal. Interrogé sur l'éventualité d'une opération militaire imminente, le diplomate a répondu : « Pourrait-il y avoir une frappe ce week-end ? Absolument. »
Ces propos interviennent après plusieurs jours de menaces répétées de Washington et d'Israël à l'encontre de Téhéran. Ils surviennent également alors que les négociations entre les États-Unis et l'Iran se trouvent toujours dans l'impasse, près de huit mois après le déclenchement du conflit. Malgré ce blocage, Tom Barrack assure que Donald Trump « est ouvert à un accord, disponible et accessible », et que les discussions se poursuivent « depuis des mois et des mois ».
Le président américain a toutefois semblé prendre ses distances avec les déclarations de son émissaire. Interrogé par des journalistes en Floride, Donald Trump a affirmé ne pas être au courant : « C'était mon ambassadeur ? C'est un homme assez influent, je suppose. Si c'est le cas, je n'en sais absolument rien. » Cette réaction contraste avec les annonces récentes de l'exécutif, qui avait laissé entendre qu'aucune nouvelle opération militaire ne serait engagée avant les élections de mi-mandat du 3 novembre.
Le président avait pourtant indiqué qu'il prendrait bientôt une « décision » concernant l'Iran, en évoquant deux options : « la manière douce » ou « la manière forte ». Jusqu'à présent, ses déclarations suggéraient qu'il excluait une nouvelle intervention avant le scrutin. La sortie de Tom Barrack rebat donc les cartes, en laissant planer la possibilité d'une action militaire à très court terme.
En Israël, le Premier ministre Benyamin Netanyahou défend une ligne nettement plus radicale. Mercredi, il a estimé que « renverser » le pouvoir iranien constituait la seule solution pour éliminer la menace de Téhéran. Cette position israélienne, plus dure que celle affichée par Washington, pèse sur les équilibres régionaux et sur les discussions en cours.
La déclaration du diplomate américain intervient dans un contexte de tensions persistantes entre les deux capitales. Si la voie diplomatique reste officiellement ouverte selon Tom Barrack, l'hypothèse d'une frappe dès ce week-end illustre la fragilité des négociations et la pression militaire qui continue de peser sur Téhéran. Les prochains jours diront si les propos de l'émissaire traduisent une décision imminente de la Maison-Blanche ou une simple pression supplémentaire dans un rapport de force déjà tendu.
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