Culture 4 min de lecture Par Mathieu Blanchard
Festival de BD d'Angoulême : la justice valide la nouvelle organisation et écarte 9eArt+
Le tribunal judiciaire d'Angoulême a rejeté le recours de la société 9eArt+, évincée de l'organisation du Festival international de la bande dessinée. L'édition 2027 est confirmée.
Le tribunal judiciaire d'Angoulême a rejeté, mercredi 14 octobre, le recours engagé par la société 9eArt+ contre son éviction de l'organisation du Festival international de la bande dessinée (FIBD). La juridiction a également écarté la demande d'annulation de l'appel d'offres qui avait permis de désigner son successeur. Cette décision met un terme provisoire à plusieurs mois d'incertitude sur l'avenir de l'un des rendez-vous culturels les plus suivis en France.
Le festival aura donc bien lieu fin janvier 2027, conformément au calendrier annoncé par la nouvelle structure organisatrice. La justice conforte ainsi la procédure de sélection lancée par les autorités locales et les partenaires institutionnels, qui avaient choisi de renouveler en profondeur la gouvernance de l'événement. Pour les organisateurs actuels, cette validation judiciaire constitue une étape décisive avant l'ouverture de la prochaine édition.
L'affaire trouve son origine dans la décision de retirer à 9eArt+ la gestion du festival, après plusieurs années de tensions autour du modèle économique, de la programmation et des relations avec les collectivités. L'ancien organisateur contestait la régularité de son éviction et la manière dont l'appel d'offres avait été conduit. Il demandait en conséquence l'annulation de la procédure et le rétablissement de ses droits sur l'organisation du FIBD.
Le tribunal n'a pas suivi cette argumentation. En rejetant le recours, il valide implicitement la démarche des pouvoirs publics et des partenaires du festival, qui estimaient nécessaire de confier l'événement à une nouvelle équipe. Cette décision devrait permettre aux nouveaux responsables de finaliser la préparation de l'édition 2027, sans craindre un revirement judiciaire de dernière minute.
Le Festival international de la bande dessinée d'Angoulême est un événement majeur pour le secteur du neuvième art. Il attire chaque année des dizaines de milliers de visiteurs, des auteurs, des éditeurs et des professionnels venus du monde entier. Sa tenue conditionne une partie de l'activité économique et culturelle de la ville et de la région, notamment dans les secteurs de l'édition, du tourisme et de la librairie.
L'absence d'édition officielle en janvier 2026 avait déjà marqué les esprits. Un « Grand Off » avait été organisé à Angoulême en marge du festival annulé, illustrant la mobilisation du milieu de la bande dessinée et du public malgré les turbulences institutionnelles. Cette édition parallèle avait permis de maintenir une présence culturelle dans la ville, sans remplacer toutefois l'ampleur du rendez-vous traditionnel.
Avec la décision du tribunal, la nouvelle organisation se trouve juridiquement sécurisée. Les équipes peuvent désormais se concentrer sur la programmation, l'accueil des auteurs et la préparation logistique de l'édition 2027. Les partenaires publics et privés, qui avaient soutenu la refonte de la gouvernance, devraient également y voir une clarification attendue.
Pour 9eArt+, la voie judiciaire semble pour l'instant fermée. La société n'a pas obtenu gain de cause sur les deux points centraux de sa requête : la contestation de son éviction et l'annulation de l'appel d'offres. Cette issue met fin à une séquence de conflit ouvert entre l'ancien organisateur et les institutions, qui avait alimenté les inquiétudes sur la pérennité du festival.
Le monde de la bande dessinée attend désormais de connaître les contours précis de l'édition 2027. La validation de la nouvelle organisation par la justice devrait rassurer les professionnels, les éditeurs et les lecteurs, tout en laissant ouvertes les questions sur l'identité artistique et la ligne éditoriale du futur festival. Le rendez-vous est fixé à la fin du mois de janvier 2027 à Angoulême.
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