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Marguerite sort son premier album « guérir » et confie sa colère intérieure

La chanteuse française Marguerite, 25 ans, publie ce vendredi son premier album intitulé « guérir », dans lequel elle explore la guérison, le corps des femmes et une colère encore contenue.

Marguerite sort son premier album « guérir » et confie sa colère intérieure
« Je sens que la colère sommeille en moi », confie Marguerite qui sort « guérir », son premier album

La chanteuse Marguerite, 25 ans, dévoile ce vendredi son premier album, « guérir », un projet qui prolonge son EP « grandir » paru il y a un an. L’artiste y explore la guérison non pas comme un processus linéaire, mais comme une cartographie complexe où les blessures, sans nous définir, participent à révéler « beaucoup de lumière en nous-mêmes ».

« Je trouvais intéressant de cartographier la guérison. Pour moi, ce n’est pas “on se blesse, on soigne la blessure et on passe à autre chose” », explique-t-elle. Ce premier album s’inscrit dans la continuité de « grandir », avec lequel il forme selon elle un diptyque, tant les deux projets ont été conçus en vase communicant, entre tournée et promotion.

La scène a joué un rôle déterminant dans cette évolution. « La scène permet de se découvrir beaucoup de courage et de joie. On voit les visages et les corps s’animer au rythme des chansons. L’échange est direct, c’est la vraie vie. Ça m’a vraiment fait grandir », confie-t-elle. Ce rapport au public a nourri une musique plus chaleureuse, que Marguerite décrit comme une pop non conventionnelle, enrichie d’accents rock et d’influences anglo-saxonnes, des Strokes aux Beatles, en passant par Saya Gray, Lola Young ou Jack Johnson.

L’album assume également une dimension féministe, déjà présente dans « grandir », notamment avec le titre « Mon ventre ». « J’avais envie de dialoguer avec mon ventre, de lui écrire une lettre. Le refrain dit “Tout vient de là”. C’est vraiment, pour beaucoup de femmes, le point de départ de plein de choses qui peuvent être très puissantes, très lumineuses. Mais c’est aussi un objet… Enfin, la société en fait un objet », analyse-t-elle. Elle souligne que toutes les femmes qui ont écouté cette chanson se la approprient différemment, car chacune a été confrontée, d’une manière ou d’une autre, à la violence liée au corps.

Parmi ses références littéraires, Annie Ernaux et Virginie Despentes occupent une place centrale. « Sans une Annie Ernaux qui crée des récits de femmes, sur le corps de la femme, qui me font me sentir comprise quand je les lis, je ne me serais pas autorisée à parler du corps », affirme Marguerite. Chez Virginie Despentes, elle admire « sa radicalité et le fait qu’elle arrive à délivrer, exprimer sa colère ». Une colère que Marguerite, elle, ressent sans encore parvenir à l’extérioriser. « Je sens que ça sommeille en moi, que c’est là, que ça fait partie de moi. Mais comment le dire et comment la sortir de moi ? Pour le moment, je n’ai pas l’impression que c’est cet album qui répond à ça. »

Cette difficulté à exprimer la colère se traduit dans l’écriture, où elle cherche encore le bon curseur entre pudeur et mots vrais. Dans « Les Fourmis », elle parvient à être « à la fois explicite et pudique », après avoir longtemps édulcoré le texte. « Ce sont des femmes comme Virginie Despentes qui m’ont inspirée et permis de me dire que je ne dois pas avoir peur de brusquer les gens qui m’écoutent. Je n’ai pas à m’excuser de ça et, surtout, je n’ai pas honte. »

Marguerite évoque également sa participation au casting du film « Mémoire de filles », réalisé par Judith Godrèche, dont le tournage avait été annoncé par communiqué. Une expérience qu’elle situe déjà loin, et qui témoigne de son ouverture à d’autres formes d’expression artistique.

Avec « guérir », Marguerite signe un premier album où la chaleur musicale et la réflexion intime se répondent, sans masquer les zones d’ombre. La chanteuse y pose les bases d’une œuvre qui, si elle ne libère pas encore toute sa colère, en dessine déjà les contours.

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Pauline Delorme

Auteur

Rédactrice culture

Pauline Delorme couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.