Économie 3 min de lecture Par Pauline Delorme
Croissance française révisée à la baisse, l'économie tourne au ralenti
L'Insee a revu à la baisse la croissance française au deuxième trimestre, désormais nulle, et au premier trimestre, à -0,2 %. Le ministre de l'Économie Roland Lescure attribue cette dégradation aux canicules et à la sécheresse, qui pèsent lourdement sur la production agricole et les récoltes.
L'économie française aborde la rentrée dans une position délicate. Une série d'indicateurs publiés fin août dresse le portrait d'un pays « confronté à plusieurs crises » et dont l'activité « tourne au ralenti ». La construction, l'agriculture et l'emploi figurent parmi les secteurs les plus touchés, alors que les effets cumulés des aléas climatiques et des tensions budgétaires se font sentir.
L'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a revu à la baisse, vendredi 28 août, ses chiffres de croissance pour les deux premiers trimestres de l'année. La croissance du deuxième trimestre, initialement estimée à 0,2 %, est désormais ramenée à zéro. Celle du premier trimestre est révisée à -0,2 %, contre -0,1 % précédemment. La France évite de justesse la récession technique, mais tous les voyants sont au rouge.
Cette révision s'explique principalement par une dégradation plus marquée que prévu de la production agricole. L'institut statistique a intégré des données montrant une situation « encore plus dégradée » que ce qui était connu fin juillet. Les récoltes s'annoncent « extrêmement difficiles dans un certain nombre de secteurs et de régions », a reconnu le ministre de l'Économie, Roland Lescure.
Intervenant vendredi aux Universités d'été de l'économie de demain, organisées par Impact France, le ministre a décrit cette révision comme « le premier impact concret de l'été horrible qu'on a vécu ». Il a évoqué un impact « absolument terrifiant, énorme », en référence aux épisodes de canicules à répétition et à la sécheresse qui ont frappé le pays. Selon lui, ces phénomènes auront également des conséquences sur le troisième trimestre.
Le gouvernement prépare actuellement le budget 2027. Roland Lescure a indiqué que l'impact macroéconomique de ces conditions climatiques extrêmes, « qu'on est en train de découvrir », serait intégré dans les prévisions économiques de Bercy pour le prochain exercice budgétaire. Cette prise en compte pourrait assombrir encore les perspectives de finances publiques, alors que l'exécutif cherche des marges de manœuvre.
Au-delà de l'agriculture, d'autres secteurs clés de l'économie française montrent des signes de faiblesse. La construction et l'emploi sont également cités parmi les domaines en difficulté, sans que les chiffres détaillés n'aient été rendus publics dans leur ensemble. Cette dégradation généralisée intervient dans un contexte de préparation budgétaire tendu, où chaque dixième de point de croissance compte pour l'équilibre des comptes publics.




