Économie 5 min de lecture Par Pauline Delorme
Gaz, fioul, électricité : le bois de chauffage reste le moins cher mais les ventes patinent
Alors que le prix du gaz augmente de 6,3 % au 1er octobre et qu'une nouvelle hausse de 6,6 % est annoncée pour le 1er novembre, le bois de chauffage demeure l'énergie la moins chère au kilowattheure. Mais les professionnels constatent un marché atone, plombé par la fin des aides et la concurrence des pompes à chaleur.
Le bois de chauffage reste l'énergie la moins chère du marché, mais les Français ne se précipitent pas pour autant. Alors que le prix du gaz a augmenté de 6,3 % au 1er octobre et qu'une nouvelle hausse de 6,6 % est annoncée pour le 1er novembre, le granulé et la bûche demeurent les solutions les plus économiques au kilowattheure. Pourtant, les ventes d'appareils de chauffage au bois ne suivent pas, selon les professionnels du secteur.
La facture énergétique des ménages s'annonce lourde cet hiver. Outre le gaz, le fioul a explosé cette année et l'électricité a augmenté de 2,5 % au 1er août. Si le gouvernement a promis un gel des tarifs de l'électricité pour certains abonnés, la facture pourrait flamber en cas d'hiver rigoureux. Dans ce contexte, le bois apparaît comme une alternative attractive : rapporté au kilowattheure, il est de loin la solution la plus performante et la plus renouvelable, selon les professionnels.
Les chiffres confirment cet avantage. Avec un coût moyen de 5 centimes du kilowattheure, la bûche fait mieux que le pellet, autour de 8 centimes, mais surtout beaucoup mieux que le gaz, environ 18 centimes, et l'électricité, en moyenne 20 centimes. « Ça reste deux fois moins cher que le fioul et trois fois moins cher que l'électricité. Avec la flambée des autres énergies, se chauffer au bois n'a jamais été aussi rentable financièrement », assure Eric Vial, délégué général de Propellet, l'association des professionnels du secteur.
Malgré ces atouts, le marché est atone. « Les ventes d'appareils ne suivent pas. Tout le monde est surpris. Car le retour sur investissement est très rapide. Mais avec l'été que l'on vient de passer, les gens n'ont pas la tête au chauffage », reconnaît Eric Vial. Pour s'offrir un poêle à granulés, il faut compter entre 5 000 et 6 000 euros. Pour le responsable, « l'anxiété générale » autour de la crise des carburants, de la canicule et des conflits mondiaux « ne favorise pas l'investissement ».
Le pellet n'est pas le seul à souffrir. Après avoir vu sa cote flamber en 2022, la bûche marque elle aussi le pas. « L'avantage du bois bûche, c'est qu'il n'est pas dépendant d'un contexte international. Il y a une petite hausse des prix à cause de l'inflation du carburant. Ça a une incidence pour les exploitants forestiers, qui doivent les répercuter. Mais ça reste marginal, de l'ordre de + 3 %. Le bois bûche reste l'énergie la moins chère », assure Olivier Ferron, délégué général de Fibois, l'interprofession de la filière forêt-bois.
La fin des aides MaPrimeRénov' pèse également sur le marché. « Il y a eu un gros boum sur les ventes de poêles, donc ce n'est pas étonnant que ça se tasse un peu, surtout avec la fin des aides de MaPrimeRénov' », analyse Claire Quinonès, cheffe du département commercial bois à l'Office national des forêts. Elle assure toutefois que, malgré les incendies et la sécheresse, l'offre de bois bûches « est bien présente cette année », effaçant les souvenirs d'hivers sous tension.
La concurrence des pompes à chaleur explique aussi ce ralentissement. « Le gouvernement a eu tendance à encourager le tout électrique. On a vu des publicités partout, c'est une véritable usine à gaz », glisse Eric Vial. Cette technologie peut en outre offrir l'avantage d'être réversible dans certains cas et donc de rafraîchir les logements pendant les fortes chaleurs. Un argument que le bois ne peut pas concurrencer, alors que les étés caniculaires se succèdent.
Pour les ménages qui hésitent encore, le calcul reste pourtant favorable au bois sur le long terme. La hausse annoncée du gaz au 1er novembre devrait renchérir encore la facture des foyers qui se chauffent au gaz, tandis que le prix du pellet est revenu à des niveaux plus normaux, autour de 400 euros la tonne, après avoir dépassé les 600 euros lors de la crise de 2022. Un retour à la normale qui rend l'investissement dans un poêle plus rentable que jamais, même si les professionnels peinent à convaincre.
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