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La « taxe sucre » s'étend aux viennoiseries, biscuits et céréales du petit-déjeuner

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027 prévoit d'étendre la taxe soda aux produits préemballés sucrés, avec un objectif de 200 millions d'euros de recettes annuelles. Les industriels dénoncent un risque pour le pouvoir d'achat et la compétitivité.

La « taxe sucre » s'étend aux viennoiseries, biscuits et céréales du petit-déjeuner
Viennoiseries, confiseries, gâteaux… Quels aliments sont concernés par la nouvelle taxe sucre ?

Le gouvernement français veut étendre la taxe sur les boissons sucrées à une large gamme de produits alimentaires préemballés. Présentée le 1er octobre dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027, cette mesure figure à l'article 8 du texte. Elle vise les viennoiseries, pâtisseries, biscuits et gâteaux industriels, les céréales pour le petit-déjeuner, les barres céréalières, ainsi que les confiseries et produits chocolatés. Les édulcorants de synthèse présents dans les produits solides seraient également concernés, comme c'est déjà le cas pour les boissons.

L'objectif affiché est double : améliorer la santé publique et générer des recettes estimées à 200 millions d'euros par an. Le texte souligne qu'environ un tiers des apports en sucre des jeunes provient de ces produits. Il cite de récentes études de l'INSERM mettant en évidence des associations entre la consommation d'additifs et un risque accru de cancer, de diabète de type 2, de maladies cardiovasculaires et d'hypertension. Pour le gouvernement, le coût de ces maladies pour l'assurance maladie s'élevait à 50 milliards d'euros en 2021, le sucre étant identifié comme l'un des principaux facteurs de risque.

Le barème de la taxe devrait varier selon la teneur en sucre des produits. La fixation d'une première tranche à partir du seuil de 10 grammes de sucre pour 100 grammes de produit vise à encourager les industriels à reformuler leurs recettes. Le texte précise qu'il ne s'agit pas d'une nouvelle taxation, mais de l'extension de dispositifs fiscaux existants, la taxe soda ayant été créée en 2012. Il ne cible pas les producteurs agricoles de sucre, mais les industriels.

Ces derniers contestent l'approche. L'Association nationale des industries alimentaires (ANIA), qui a réagi auprès de 20 Minutes, estime que la mesure viserait une quantité énorme de produits et représenterait un danger pour les entreprises comme pour le pouvoir d'achat des Français. Les industriels mettent en avant leurs efforts de reformulation, soulignant que la teneur en sucre des céréales du petit-déjeuner a baissé de 11 % entre 2011 et 2017, et que cette tendance se poursuit. Ils espèrent que le texte ne restera pas en l'état.

La mise en place de cette taxe reste soumise à l'adoption du budget et ses contours pourraient encore évoluer. Contactés par 20 Minutes, les ministères de la Santé et du Commerce n'ont pas donné suite aux sollicitations. Le débat sur la fiscalité nutritionnelle s'inscrit dans un contexte plus large de réflexion sur les politiques de santé publique et leurs effets économiques, alors que les autorités cherchent à concilier prévention et soutien aux filières agroalimentaires.

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Noémie Weber

Auteur

Journaliste société

Noémie Weber couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.