Politique 4 min de lecture Par Pauline Delorme
Bardella accusé d'antisémitisme : Mediapart promet de nouvelles révélations
Fabrice Arfi, co-responsable du pôle enquêtes de Mediapart, maintient les accusations d'antisémitisme visant Jordan Bardella et annonce d'autres révélations à venir. Le président du RN dénonce des « faux grossiers » et annonce des plaintes.
Mediapart maintient ses accusations visant Jordan Bardella et promet de nouvelles révélations. Invité sur France Info mercredi 30 septembre, Fabrice Arfi, co-responsable du pôle « enquêtes » du média, a affirmé que la rédaction publierait prochainement des éléments supplémentaires pour étayer ses informations. « Il y aura une démonstration de ce que nous avons écrit », a-t-il déclaré, précisant que l'enquête avait été menée pendant plusieurs mois à partir de sources documentaires et de témoignages distincts.
Lundi, Mediapart avait révélé des propos antisémites que le président du Rassemblement national aurait tenus il y a treize ans, à ses débuts au Front national. Selon le média d'investigation, ces écrits auraient été rédigés dans des conversations privées et comporteraient également des thèses complotistes. Fabrice Arfi a insisté sur la rigueur du travail effectué : « On ne va pas mettre la réputation du journal en jeu […] si nous ne sommes pas sûrs à 200 % », a-t-il assuré, se disant prêt à rendre publiques les preuves « en temps voulu ».
Jordan Bardella conteste fermement ces accusations. Il dénonce des « faux grossiers » destinés à le « tuer politiquement » et évoque les prémices d'une « guerre totale » contre le Rassemblement national. Le président du parti a annoncé le dépôt de plaintes, notamment pour diffamation et pour faux et usage de faux, sous réserve que Mediapart publie des éléments écrits. Fabrice Arfi affirme que le média n'a pas encore eu vent de ces procédures.
Marine Le Pen a également pris la défense de Jordan Bardella, appelant Mediapart à « enfiler son costard en Kevlar ». Une formule que Fabrice Arfi juge préoccupante, estimant qu'un tel vocabulaire peut contribuer à banaliser la violence dans le débat politique. Malgré ces propos, le journaliste affirme ne pas envisager de poursuites judiciaires et assure que ces menaces « glissent dessus ».
Cette polémique intervient à quelques mois de l'élection présidentielle, alors que le Rassemblement national est donné favori dans plusieurs sondages. Les accusations ravivent le débat sur l'ancrage idéologique du parti et sur la stratégie de dédiabolisation menée par Jordan Bardella depuis sa nomination à la tête du mouvement. Selon plusieurs observateurs, ces révélations pourraient peser sur la campagne présidentielle et obliger le RN à clarifier sa position face à des accusations d'antisémitisme, un sujet particulièrement sensible dans le contexte politique français.
Mediapart, de son côté, assure disposer d'éléments solides et promet de poursuivre ses publications. Fabrice Arfi a indiqué que d'autres révélations seraient faites « ces prochains jours », sans préciser leur nature ni leur calendrier. Il a également rappelé que l'enquête s'appuyait sur des documents et des témoignages recoupés, et que la rédaction entendait démontrer la véracité de ses informations.
L'affaire devrait continuer d'alimenter le débat politique dans les jours à venir, entre les démentis du Rassemblement national et les promesses de Mediapart. Les plaintes annoncées par Jordan Bardella pourraient, si elles sont déposées, ouvrir une nouvelle phase judiciaire. En attendant, les deux parties campent sur leurs positions, et l'issue de cette confrontation dépendra largement des preuves que le média d'investigation publiera ou non.
4




