Politique 4 min de lecture Par Rémi Lefèvre
Budget 2027 : le gouvernement veut taxer davantage les exploitants d'autoroutes et d'aéroports
L'exécutif propose de porter à 12,2 % le taux de la taxe sur les infrastructures de transport de longue distance, afin de récupérer 800 millions d'euros supplémentaires par an auprès des concessionnaires autoroutiers et aéroportuaires.
Le gouvernement a annoncé lundi son intention d'alourdir la fiscalité pesant sur les sociétés exploitant les autoroutes et les aéroports français. Dans le cadre du projet de loi de finances pour 2027, l'exécutif propose de relever le taux de la taxe sur l'exploitation des infrastructures de transport de longue distance (TEITLD), une contribution instaurée en 2024 et appliquée jusqu'ici à un taux unique de 4,6 % sur les bénéfices de ces entreprises.
La mesure consisterait à porter ce taux jusqu'à 12,2 %, selon le communiqué gouvernemental. Ce relèvement doit générer environ 800 millions d'euros de recettes supplémentaires, faisant passer le rendement annuel de la taxe d'environ 600 millions à 1,4 milliard d'euros. « La réforme proposée rapportera environ 800 millions d'euros de recettes supplémentaires », a précisé l'exécutif.
Pour justifier cette hausse, le gouvernement entend introduire un barème progressif par tranches. L'objectif affiché est de « mieux proportionner la contribution fiscale aux capacités réelles des exploitants, en tenant compte des niveaux de rentabilité ». Concrètement, les grands concessionnaires autoroutiers et aéroportuaires, dont les marges sont les plus élevées, seraient les principaux contributeurs. « Dans les aéroports, cela concernera principalement les gros exploitants », a indiqué une source gouvernementale à l'AFP.
Le dossier des péages autoroutiers constitue un point de vigilance pour l'exécutif. Le gouvernement a assuré qu'il empêcherait toute répercussion de cette hausse sur le tarif acquitté par les automobilistes. Les contrats de concession encadrant strictement l'évolution des péages, l'État promet un « contrôle étroit » du respect de ce principe. Cette garantie vise à couper court aux inquiétudes des usagers, alors que les tarifs des autoroutes font l'objet d'une attention politique particulière.
Le produit de la TEITLD est déjà affecté au budget de l'Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF). Le gouvernement souhaite désormais que cette recette alimente, au sein de l'agence, un fonds baptisé « Ambition transports ». Sa mission serait de financer « les investissements nécessaires pour régénérer, moderniser et adapter au changement climatique les réseaux de transport actuels ». « Avec cette taxe, les transports financent déjà les transports. Ce sera toujours le cas », a souligné la source gouvernementale.
Cette annonce intervient dans un contexte budgétaire tendu, où l'exécutif cherche de nouvelles recettes pour équilibrer les comptes publics sans augmenter les prélèvements sur les ménages. Les concessionnaires d'infrastructures, dont les bénéfices sont jugés confortables, apparaissent comme une cible privilégiée. Le projet devra toutefois être débattu au Parlement, où les modalités précises du barème et l'affectation des fonds pourraient être amendées.
Les représentants du secteur n'ont pas encore réagi publiquement à cette annonce. Les discussions à venir porteront notamment sur la définition des tranches de rentabilité et sur le périmètre exact des entreprises concernées, en particulier dans le domaine aéroportuaire, où la taille et le statut des exploitants varient fortement.
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