Politique 3 min de lecture Par Noémie Weber
Budget 2027 : les députés rejettent la taxe sur les produits sucrés
L'Assemblée nationale a supprimé du projet de budget de la Sécurité sociale pour 2027 la taxe sur les produits sucrés défendue par la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, par 86 voix contre 58. LR, RN et leurs alliés ont voté la suppression au nom du pouvoir d'achat.
Les députés ont rejeté la taxe sur les produits sucrés que le gouvernement entendait intégrer au projet de budget de la Sécurité sociale pour 2027. Lors de l'examen du texte, jeudi 22 octobre, l'Assemblée nationale a supprimé cette mesure par 86 voix contre 58, infligeant un revers à la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, qui la défendait.
Le dispositif devait viser les produits transformés préemballés les plus riches en sucre : biscuits, gâteaux industriels, viennoiseries, céréales du petit-déjeuner, glaces et confiseries. Son montant devait varier selon la teneur en sucre afin d'inciter les fabricants à revoir leurs formulations. Les recettes attendues étaient estimées à 300 millions d'euros.
La suppression a été votée par les députés Les Républicains, Rassemblement national et leurs alliés ciottistes, qui ont dénoncé les conséquences de la taxe sur le pouvoir d'achat. Pour Justine Gruet (LR), la mesure « n'est pas suffisamment dés-incitative pour opérer un changement de consommation » et risque de « venir grever le pouvoir d'achat de nos concitoyens ». Christophe Bentz (RN) a critiqué le recours à des « ressources fluctuantes » pour financer la Sécurité sociale.
Stéphanie Rist a défendu le mécanisme en soulignant que son coût représenterait moins de huit centimes par paquet de gâteaux, uniquement « si l'industriel refuse de descendre un tout petit peu sa quantité de sucre ». La ministre a rappelé l'effet de la taxe sur les sodas dans la réduction du sucre dans les boissons, alors que « 80 % » des enfants dépassent les quantités maximales recommandées. Cet outil « a montré son efficacité », a-t-elle affirmé.
Le MoDem, La France insoumise, les socialistes, les écologistes et le groupe Liot se sont opposés à la suppression, tandis que Renaissance et Horizons se sont divisés. « Cet article, c'est éviter la survenue de nouveaux malades », a plaidé Cyrille Isaac-Sibille (MoDem), en référence notamment au diabète et aux maladies cardiovasculaires.
Ce rejet ne met pas définitivement fin au projet. Le budget de la Sécurité sociale doit poursuivre son parcours parlementaire, avec un examen au Sénat, et son adoption en première lecture à l'Assemblée nationale apparaît très incertaine.
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