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Cisjordanie : des Palestiniens se disent menacés par les colons et l’armée

Dans les territoires occupés, des habitants décrivent un sentiment d’insécurité permanent face aux colons, à quelques jours des élections législatives israéliennes, marquées par une opération militaire à Hébron.

Cisjordanie : des Palestiniens se disent menacés par les colons et l’armée
En Cisjordanie, « tous les Palestiniens se sentent menacés par les colons, partout »

En Cisjordanie occupée, les Palestiniens vivent sous la menace permanente des colons, selon le témoignage d’Issa Souf, un militant de 54 ans installé à Harez. « Tous les Palestiniens, même ceux qui vivent dans les grandes villes comme Ramallah, Naplouse ou ailleurs, se sentent menacés par les colons », explique-t-il. Le seul bruit d’un bulldozer au loin suffit à inquiéter les habitants, qui craignent la démolition de leur maison, l’arrachage de leurs arbres ou la destruction des rues de leur ville.

Issa Souf a lui-même été blessé en 2001, alors qu’il était policier. Il avait conseillé à des enfants et à une femme de se réfugier dans leur maison pour se protéger des gaz lacrymogènes lancés par l’armée israélienne. Il avait alors reçu une balle dum-dum, un projectile interdit depuis la première conférence de La Haye, en 1899, car il explose à l’impact avec le corps humain. Il a perdu l’usage de ses jambes et se déplace depuis en fauteuil roulant. Sa famille vit à Harez depuis plusieurs générations, et il affirme se sentir chez lui dans toute la Cisjordanie, sans céder aux pressions des colons.

Pour résister à cette situation, il a créé un centre d’accueil, baptisé « Garden of Hope », qui reçoit des militants et des familles d’agriculteurs pendant la récolte des olives, ressource essentielle pour les habitants et période particulièrement violente dans le territoire. Il dénonce une menace sur l’existence même de son peuple. Dans la colonie d’Ariel, où il habite, l’exhibition du drapeau palestinien est interdite, alors que le drapeau israélien est omniprésent, accroché le long des routes, aux entrées des villages et des villes palestiniennes, sur les commerces et les maisons. Pour contourner ces interdictions, les enfants du centre accrochent aux branches des oliviers des rubans aux couleurs rouge, noir et blanc, le vert étant représenté par les feuilles et les olives.

Ce témoignage intervient dans un contexte politique tendu. Selon les informations rapportées, Benjamin Netanyahu a ordonné une opération militaire majeure en Cisjordanie quelques jours avant les élections législatives israéliennes du 27 octobre, scrutin que le premier ministre aborde dans une situation jugée serrée. Entre 150 et 250 familles auraient été chassées de leurs maisons dans la nuit de vendredi à samedi à Hébron, la plus grande ville du territoire palestinien occupé depuis 1967. Cette opération fait suite à une attaque au cours de laquelle deux assaillants palestiniens ont tué deux soldats israéliens à Hébron, vendredi. L’armée poursuivait ses opérations sur place samedi.

Pour Issa Souf, l’échéance électorale n’offre aucune perspective favorable aux Palestiniens. Il estime qu’il n’existe pas de grande différence entre la gauche sioniste et la droite sioniste en Israël, et que les deux sont identiques, surtout en ce qui concerne les Palestiniens. La sécurité, rappellent les observateurs, s’impose ainsi au cœur de la campagne israélienne dans sa dernière ligne droite, au détriment, selon les habitants interrogés, de la protection des civils palestiniens.

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Pauline Delorme

Auteur

Rédactrice culture

Pauline Delorme couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.