Politique 3 min de lecture Par Pauline Delorme
Couvre-feux localisés : Lecornu promet de « rétablir l'ordre » après un week-end de violences
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé lundi 19 octobre des couvre-feux localisés, notamment à Lille et dans quatre communes du Nord, après un week-end d'émeutes et de pillages qui a conduit à près de 2 400 interpellations et à la dégradation d'environ 3 000 commerces.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé lundi 19 octobre la mise en place de couvre-feux localisés, applicables dès la nuit même, après un week-end de violences urbaines qui a conduit à près de 2 400 interpellations. « Ma détermination à rétablir l'ordre est totale », a déclaré le chef du gouvernement depuis la cour du ministère de l'Intérieur, à Paris, aux côtés du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. L'objectif affiché est de protéger les commerces, alors qu'environ 3 000 d'entre eux ont été saccagés.
Les premières mesures concernent Lille et quatre communes du Nord, où des couvre-feux ont été annoncés pour les nuits de lundi et mardi. Le dispositif pourrait être étendu à d'autres territoires en fonction de l'évolution de la situation. L'exécutif entend ainsi reprendre la main face à des scènes de chaos et de pillages qui ont mis la police en difficulté, selon les récits de ce week-end. Le coût de la remise en état est déjà estimé à plusieurs centaines de millions d'euros.
Sur le plan politique, l'annonce du Premier ministre a reçu un soutien appuyé de François Kalfon, eurodéputé Parti socialiste-Place publique. Ce dernier a qualifié les couvre-feux localisés de « nécessité face aux exactions qui mettent en danger la paix civile ». Il a par ailleurs dénoncé la « complicité de La France insoumise » dans le chaos actuel et mis en garde contre un désordre qui, selon lui, ouvrirait la voie à une victoire électorale de l'extrême droite. « Le désordre, c'est l'autoroute vers l'extrême droite », a-t-il affirmé.
Cette séquence intervient dans un contexte de pression accrue sur l'exécutif, alors que les oppositions interpellent le gouvernement sur les violences subies par les commerçants et sur la réponse de l'État. Le sociologue Laurent Frajerman, professeur agrégé d'histoire au lycée Lamartine à Paris, a été sollicité pour éclairer les ressorts de cette crise et les marges de manœuvre dont dispose le pouvoir. La question de l'indemnisation des commerçants sinistrés figure parmi les dossiers urgents que le gouvernement doit désormais traiter.
Les couvre-feux localisés marquent un changement de ton dans la gestion des troubles, avec une approche territorialisée qui vise à contenir les foyers de violence sans décréter de mesure générale. Le gouvernement devra toutefois démontrer l'efficacité de ce dispositif dans les prochains jours, alors que les commerçants attendent des réponses concrètes et que l'opposition entend bien capitaliser sur le sentiment d'insécurité.
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