Politique 3 min de lecture Par Pauline Delorme
Flavio Bolsonaro veut une thérapie de choc pour le Brésil avant le second tour
Favori du second tour de la présidentielle brésilienne, le candidat d’extrême droite promet une politique de sécurité ferme et une libéralisation économique face au président de gauche sortant Lula.
Favori du second tour de l’élection présidentielle brésilienne ce dimanche 25 octobre, Flavio Bolsonaro se présente comme le porteur du « changement ». Le candidat d’extrême droite propose une méthode forte en matière de sécurité, associée à une politique économique libérale, pour sortir le pays de ce qu’il présente comme une impasse.
Le fils aîné de l’ancien chef de l’État Jair Bolsonaro a créé la surprise il y a trois semaines en recueillant 47 % des suffrages au premier tour, devant le président de gauche sortant, Lula. Ce score a placé le candidat en position de favori face à son adversaire, qui tente de le rattraper dans un scrutin désormais décisif. Le second tour oppose donc directement deux figures d’une polarisation politique qui structure la vie publique brésilienne depuis plusieurs années.
Sur le terrain de la sécurité, Flavio Bolsonaro défend des mesures fermes, dans la lignée de la rhétorique de son père. Sur le plan économique, il prône une politique libérale, fondée sur la réduction du rôle de l’État. Cette orientation rompt avec le bilan de Lula et propose un changement de cap complet, présenté par ses partisans comme une réponse aux attentes d’une partie de l’électorat.
Le débat dépasse les questions intérieures. Flavio Bolsonaro affirme partager l’objectif de mettre fin à la déforestation illégale de l’Amazonie, qualifiée de « poumon vert » de la planète. Il promet cependant de revenir aux politiques de dérégulation menées par son père, l’ancien président Jair Bolsonaro. Cette ambivalence alimente les interrogations sur l’avenir de la plus grande forêt tropicale du monde, dont le sort figure parmi les enjeux de ce scrutin.
Le camp de Lula, de son côté, tente de combler son retard sur les réseaux sociaux. Il accuse le géant américain Meta d’ingérence en faveur de son adversaire, un point de friction supplémentaire dans une campagne très disputée. Cette bataille numérique s’ajoute aux débats de fond sur la sécurité, l’économie et l’environnement qui dominent la campagne.
Le résultat du second tour dira si la stratégie de rupture proposée par Flavio Bolsonaro suffit à convaincre au-delà de son premier cercle de soutiens. Il déterminera aussi la direction que prendront, pour les années à venir, les grands choix du Brésil en matière de sécurité publique, de politique économique et de protection de l’Amazonie.
7




