Politique 3 min de lecture Par Rémi Lefèvre
Glucksmann visé par des militants lors d’un rassemblement antiraciste à Paris
Candidat du PS à la présidentielle de 2027, Raphaël Glucksmann a été pris à partie à plusieurs reprises, alors qu’il envisageait de participer à la manifestation syndicale du 5 novembre.
Raphaël Glucksmann, figure de Place publique et candidat du Parti socialiste à la présidentielle de 2027, a été interpellé et hué par des militants lors d’un rassemblement antirasiste à Paris, le 26 octobre, place de la Stalingrad. Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a lui aussi été pris à partie lors de cette mobilisation. Ces incidents interrogent désormais la possibilité, pour le candidat, de continuer à prendre part aux manifestations.
Selon les informations rapportées, la question de sa participation à la marche intersyndicale du 5 novembre a été débattue au sein de son équipe de campagne. Lundi, sur BFMTV, Raphaël Glucksmann a confirmé son soutien aux revendications des syndicats sur le coût de la vie et les salaires. Sa présence à cette manifestation n’était donc pas exclue, malgré les tensions récentes.
Ces attaques ne sont pas isolées. Le candidat avait déjà été hué lors d’un rassemblement féministe en septembre, à Nancy et à Amiens. Après sa victoire à la primaire, il avait également été visé par un jet de farine. Aurore Lalucq, coprésidente de Place publique, dénonce une volonté d’intimidation : « Ils veulent nous intimider », affirment ses proches, qui voient dans ces actions une tentative de dissuader le candidat de se montrer dans l’espace public.
La France insoumise nie toute implication. La cheffe de file des députés LFI, Mathilde Panot, affirme que son mouvement ne parle jamais de Raphaël Glucksmann. Le député Aurélien Saintoul assure, de son côté, qu’aucune consigne n’a été donnée aux militants. Les responsabilités des incidents restent donc, à ce stade, non établies, même si certains des militants mis en cause sont présentés comme proches de LFI.
Sur le fond, Raphaël Glucksmann présente un programme qui vise notamment à baisser la CSG sur les salaires, à taxer les grands héritages et à porter le salaire minimum à 1 700 euros nets. Ces propositions s’inscrivent dans le débat sur le pouvoir d’achat, au cœur des mobilisations syndicales de cette période.
Du côté des pouvoirs publics, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, prévoit de mobiliser 70 000 policiers et gendarmes pour encadrer les manifestations. Les syndicats, eux, indiquent que la sécurité de leurs cortèges est assurée par leurs propres militants et non par les forces de l’ordre. Par ailleurs, à Marseille, un homme a été placé en assignation à résidence administrative avant la manifestation du 30 octobre, une mesure initialement conçue pour la lutte contre le terrorisme et critiquée par plusieurs organisations de défense des droits.
Enfin, ces tensions s’inscrivent dans un contexte politique plus large. Selon plusieurs informations, Emmanuel Macron chercherait à constituer une coalition large pour faire barrage à Marine Le Pen ou à Jean-Luc Mélenchon en 2027. Dans ce climat, la capacité des candidats à aller à la rencontre des électeurs dans la rue devient un enjeu en soi.
Source: 20minutes.fr
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