Politique 3 min de lecture Par Noémie Weber
Israël : à quatre jours des législatives, le vote des expatriés sous tension
Les élections législatives israéliennes se tiennent mardi. Benyamin Nétanyahou affronte Gadi Eisenkot, à la tête d'une coalition de centre-droit, dans un scrutin serré où la société apparaît plus divisée que jamais et où le vote des expatriés pourrait peser.
Les Israéliens sont appelés aux urnes mardi pour des élections législatives qui s'annoncent parmi les plus serrées de ces dernières années. Le Premier ministre sortant, Benyamin Nétanyahou, y affronte notamment l'ancien chef d'état-major Gadi Eisenkot, qui dirige une coalition de centre-droit. À quatre jours du scrutin, l'attention se porte aussi sur les expatriés, dont le vote pourrait jouer un rôle déterminant dans un rapport de force particulièrement incertain.
La campagne se déroule dans une société israélienne décrite comme plus divisée que jamais. Les préoccupations des électeurs divergent fortement : du coût de la vie aux exemptions militaires accordées aux juifs ultra-orthodoxes, en passant par la colonisation en Cisjordanie et les discriminations dénoncées par les Arabes israéliens. Dans ce contexte, l'avenir politique de Benyamin Nétanyahou occupe une place centrale dans les débats, alors que le résultat s'annonce difficile à anticiper.
Ce scrutin est aussi le premier depuis l'attaque meurtrière du Hamas et la guerre à Gaza qui a suivi, un contexte qui pèse sur la campagne. Au sein de la coalition du Premier ministre, le parti Force juive d'Itamar Ben Gvir, ministre de la Sécurité intérieure connu pour ses provocations et ses propos racistes, mène une campagne offensive. Selon les projections, sa formation pourrait obtenir entre 7 et 12 sièges sur les 120 que compte la Knesset, un poids non négligeable dans la formation de la prochaine majorité.
La campagne a également été marquée par l'usage de l'intelligence artificielle, au point que certains observateurs parlent d'un « blitz numérique ». Des affiches électorales montrent ainsi Gadi Eisenkot, présenté comme le principal concurrent du Premier ministre, avec un message adressé à Benyamin Nétanyahou : « Notre souhait, c'est le changement ! » Ces outils numériques transforment la manière dont les candidats s'adressent aux électeurs et pourraient influencer la mobilisation dans les derniers jours.
Dans ce paysage fragmenté, le vote des expatriés prend une importance particulière. Des électeurs installés à l'étranger expliquent vouloir participer malgré la distance, convaincus de vivre un moment charnière pour le pays. Leur mobilisation, ajoutée à celle des électeurs indécis, pourrait faire la différence dans un scrutin où chaque siège compte pour constituer une coalition gouvernementale stable.
Les bureaux de vote ouvriront mardi pour des législatives dont l'issue déterminera non seulement la composition de la Knesset, mais aussi la capacité des différents blocs à former un gouvernement. À quatre jours du vote, les équipes de campagne intensifient leurs efforts pour convaincre les derniers indécis, tandis que les électeurs expatriés finalisent leurs démarches pour prendre part à un scrutin jugé décisif.
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