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Politique 4 min de lecture Par

Jordan Bardella conteste des écrits antisémites de 2013 révélés par Mediapart

Mediapart a publié des conversations privées attribuées à Jordan Bardella, alors âgé de 17 à 18 ans, contenant des propos antisémites. Le président du RN dénonce des « faux grossiers » et annonce des poursuites. Marine Le Pen évoque une « barbouzerie ».

Jordan Bardella conteste des écrits antisémites de 2013 révélés par Mediapart
Jordan Bardella : « Mediapart » exhume des écrits antisémites de 2013, le président du RN parle de « faux grossiers »

Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, conteste « formellement » les propos antisémites que le site d'investigation Mediapart lui attribue dans des conversations privées datant de l'été 2013, alors qu'il était âgé de 17 à 18 ans et jeune militant du Front national. Selon l'enquête publiée lundi, ces échanges, que le média affirme avoir authentifiés, contiennent plusieurs passages visant les Juifs et des personnalités politiques.

Parmi les écrits cités, Jordan Bardella aurait notamment déclaré : « Le juif doit dominer les autres peuples, les écraser et les voler, un sioniste est forcément juif, et en profondeur. » Il aurait ajouté : « Et c'est ce qu'ils veulent, un Nouvel Ordre Mondial dominé par Israël, avec bien sûr Jérusalem comme capitale. » D'autres messages cibleraient directement Pierre Moscovici, alors ministre de l'Économie de François Hollande, qui voudrait selon ces propos « sauver les entreprises » pour « venger Moïse ». L'auteur présumé aurait également écrit que « les ministères les plus importants reviennent à des personnes pour qui Israël et l'intérêt bancaire priment sur les intérêts français ». Il afficherait aussi son soutien à l'humoriste Dieudonné, déjà condamné à l'époque pour provocation à la haine, qui « mène un vrai combat d'idée ».

Jordan Bardella a répondu à Mediapart par courriel, contestant « formellement » avoir « tenu, en public, comme en privé, par oral ou par écrit, des propos racistes ou antisémites de ce type ». Il a aussi fait valoir qu'il n'était « pas militant actif au sein du Front national durant l'été 2013, et encore mineur », ce qui devrait selon lui alerter sur le « caractère mensonger » de ces sources. Sur le réseau social X, le président du RN a dénoncé des « faux grossiers » et une « véritable opération de barbouzerie », affirmant avoir chargé son avocat d'engager « les procédures nécessaires ». Il a également mis en cause une « certaine presse militante » qui chercherait à « déstabiliser la campagne présidentielle ».

En déplacement lundi au salon des professionnels de la construction à Paris, Marine Le Pen a déclaré ne pas avoir « lu l'article de Mediapart ». « Ça me paraît tellement dingue que ça ne peut être qu'un faux, qu'une barbouzerie dont Mediapart a le secret », a réagi la candidate à l'Élysée, qui a toujours affirmé vouloir faire de Jordan Bardella son Premier ministre. « Aucune personne normalement constituée ne peut croire à cette dinguerie », a-t-elle ajouté devant les journalistes présents.

Cette affaire intervient dans un contexte où le Rassemblement national mène depuis 2011 une stratégie de « dédiabolisation », engagée par Marine Le Pen après avoir pris les rênes du parti à son père, Jean-Marie Le Pen, condamné à plusieurs reprises pour des propos négationnistes. Jordan Bardella, qui a pris sa carte au Front national en 2012, est devenu à 18 ans responsable de la fédération 93 avant une ascension rapide jusqu'à la présidence du parti, devenu Rassemblement national. En mars 2025, il avait été le premier dirigeant de cette formation officiellement invité par le gouvernement israélien à une conférence sur la lutte contre l'antisémitisme.

Les révélations de Mediapart et la réponse du président du RN relancent le débat sur le passé militant de Jordan Bardella et sur la stratégie de normalisation du parti d'extrême droite. Elles surviennent à un moment où la campagne présidentielle s'intensifie, et où les questions liées à l'antisémitisme et aux extrêmes restent des sujets sensibles dans le débat public français.

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Mathieu Blanchard

Auteur

Correspondant international

Mathieu Blanchard couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.