Politique 5 min de lecture Par Pauline Delorme
La primaire socialiste pour 2027 attire 140 000 votants, loin des scrutins passés
Le Parti socialiste et Place publique organisent vendredi et samedi une primaire pour désigner leur candidat à la présidentielle 2027. Environ 140 000 personnes sont appelées à voter, un chiffre bien inférieur aux primaires de 2011 et 2017.
Le Parti socialiste et Place publique organisent vendredi et samedi le premier tour de leur primaire en vue de l'élection présidentielle de 2027. Environ 140 000 personnes sont en mesure de participer au vote, selon les organisateurs, un chiffre qui alimente les interrogations sur la portée réelle de cette consultation interne.
La campagne a permis aux deux formations de doubler leur nombre d'adhérents par rapport à 2025. Place publique revendique 28 456 inscrits et le PS 68 047, auxquels s'ajoutent un millier de militants du petit parti GRS d'Emmanuel Maurel et 42 695 sympathisants non encartés ayant déboursé 15 euros pour prendre part au scrutin. Au total, environ 140 000 électeurs potentiels.
Ce total reste très éloigné des 2,6 millions de votants de la primaire de 2011, qui avait désigné François Hollande, et du million et demi environ de la primaire citoyenne de 2017 remportée par Benoît Hamon. Il se rapproche en revanche des 180 000 participants à la primaire fermée de 2006, qui avait vu la victoire de Ségolène Royal.
« À partir du moment où le choix a été fait d'imposer un vote censitaire, on savait qu'on aurait une petite primaire et qu'il n'y aurait pas d'élan populaire. Mais beaucoup pensaient qu'on serait en deçà des 100 000, donc on ne va pas être bégueule », confie Luc Carvounas, maire d'Alfortville et directeur de campagne de Ségolène Royal. Patrick Kanner, patron du groupe socialiste au Sénat, juge pour sa part que « 140 000 ce n'est pas extraordinaire, mais c'est honorable ».
La campagne a été marquée par l'exclusion du député Philippe Brun, accusé de violence par une ancienne collaboratrice, ce qui a réduit à cinq le nombre de candidats en lice : Raphaël Glucksmann, Emmanuel Maurel, Ségolène Royal, Olivier Faure et Jérôme Guedj. Le premier débat, diffusé sur LCI le 23 septembre, a rassemblé 709 000 téléspectateurs en moyenne selon Médiamétrie. Le deuxième, sur France Télévisions le 1er octobre, a fidélisé 1,84 million de personnes, tandis que le dernier, sur BFMTV dimanche, a été suivi par 702 000 téléspectateurs.
« Ce sont des beaux chiffres qui valident l'idée d'Olivier Faure d'organiser une primaire. Ça a permis de montrer qu'on avait encore des choses à dire. Cette exposition médiatique nous renforce forcément pour la présidentielle », défend le député PS Arthur Delaporte, soutien du premier secrétaire.
Les échanges ont toutefois été dominés par les fractures autour du terme « génocide » concernant la situation à Gaza et par la question des alliances avec La France insoumise. « La question stratégique est déterminante », estime le député PS Laurent Baumel. « Derrière notre rapport à LFI, il y a en réalité le débat sur les deux gauches irréconciliables. Et contrairement à Faure, Glucksmann a semblé vouloir se couper d'un tiers de l'électorat de gauche. »
Malgré trois débats télévisés, la course à l'investiture socialiste a parfois donné l'impression de tourner en rond, sans marquer le véritable début de la campagne présidentielle. « On avait parfois l'impression d'être dans un congrès du PS, pas dans une primaire pour désigner le prochain président de la République », soupire un soutien de Raphaël Glucksmann. Les sorties imprévisibles de Ségolène Royal ont davantage percé le mur médiatique que les mesures portées par les autres candidats. « Ma candidate a permis par sa personnalité de mettre la lumière sur cette primaire, sans elle ça aurait été très fade », reconnaît Luc Carvounas.
Les lignes n'ont pas bougé ces dernières semaines. Malgré une campagne mouvementée, marquée par la diffusion d'une vidéo de propos privés offensants, le favori Raphaël Glucksmann reste crédité de 10 à 12 % des intentions de vote. Son principal rival, Olivier Faure, plafonne à 3 % lorsqu'il est testé dans les sondages. « Aucun n'a été à la hauteur des enjeux, alors que le RN est aux portes du pouvoir, j'ai parfois eu l'impression qu'on se regardait le nombril », confie un cadre socialiste.
Cette primaire terne pourrait néanmoins profiter à une figure extérieure au scrutin : François Hollande, qui continue de se préparer à être un recours à gauche. Plusieurs responsables misent sur une dynamique sondagière pour le futur vainqueur. « Il y aura peut-être une poussée dans les sondages, mais est-ce que ce sera un élan ponctuel ou une véritable lame de fond ? », s'interroge un cadre du PS.
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