Politique 4 min de lecture Par Mathieu Blanchard
Le RN et l'UDR saisissent le Conseil constitutionnel pour réclamer la démission de Richard Ferrand
Des parlementaires du Rassemblement national et de l'UDR ont déposé une requête auprès du Conseil constitutionnel pour obtenir la « démission d'office » de son président, Richard Ferrand, après ses déclarations sur l'article 11 de la Constitution.
Des parlementaires du Rassemblement national et de l'Union des droites pour la République ont saisi le Conseil constitutionnel pour réclamer la « démission d'office » de son président, Richard Ferrand. Cette initiative intervient après des propos tenus par ce dernier dans une interview, où il a estimé que Marine Le Pen ne pourrait pas organiser de référendums sur l'immigration en s'appuyant sur l'article 11 de la Constitution.
Dans un courrier adressé à l'institution, les élus d'extrême droite contestent publiquement la position du président du Conseil constitutionnel. Selon eux, Richard Ferrand a « balayé » la proposition phare de leur candidate à l'élection présidentielle, qui consistait à réviser la Constitution par référendum sans passer par le Parlement. Ils considèrent que cette prise de position justifie une demande de démission d'office, une procédure rare et lourde de conséquences symboliques.
Le président du Conseil constitutionnel a déclaré que l'article 11 de la Constitution, qui permet de soumettre un projet de loi à référendum, ne pouvait pas être utilisé pour modifier la loi fondamentale et autoriser ainsi le vote d'une législation anti-immigrés. Cette interprétation juridique a été vertement critiquée par le RN, qui y voit un obstacle politique majeur à son programme. La requête déposée par les parlementaires constitue une escalade dans un conflit qui oppose désormais ouvertement l'extrême droite à l'institution chargée de veiller au respect de la Constitution.
Le Conseil constitutionnel, gardien de l'État de droit, se retrouve ainsi sous pression. Richard Ferrand, ancien macroniste de la première heure, doit défendre l'indépendance de l'institution face à des attaques inédites. De Marine Le Pen à Bruno Retailleau, les critiques se multiplient contre une instance perçue par certains comme un contre-pouvoir politique. La question de l'autorité de Richard Ferrand pour incarner cette résistance est désormais posée.
Cette saisine intervient dans un contexte de tension croissante entre le Rassemblement national et les institutions. La proposition de réviser la Constitution par référendum, sans passer par le Parlement, est au cœur de la stratégie présidentielle de Marine Le Pen. En bloquant cette voie, le Conseil constitutionnel s'expose à des reproches d'ingérence politique, tandis que ses défenseurs rappellent son rôle strictement juridique. La procédure de démission d'office, prévue par les textes, reste exceptionnelle et devra être examinée par l'institution elle-même, ce qui soulève des questions délicates sur la manière dont le Conseil traitera une requête visant son propre président.
Les députés RN et UDR espèrent obtenir une réponse rapide, mais l'issue de cette démarche demeure incertaine. Elle pourrait toutefois nourrir le débat sur l'indépendance des autorités constitutionnelles et sur les rapports de force entre le pouvoir politique et les gardiens de la loi fondamentale. Pour l'heure, Richard Ferrand n'a pas annoncé son intention de quitter ses fonctions, et le Conseil constitutionnel n'a pas encore communiqué sur la suite qu'il réservera à cette requête sans précédent.
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