Politique 3 min de lecture Par Pauline Delorme
Le RN tient son congrès à Orléans sous la surveillance de dizaines de milliers de contre-manifestants
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez annonce un dispositif de sécurité « extrêmement conséquent » pour le congrès du Rassemblement national à Orléans, où plusieurs dizaines de milliers de contre-manifestants sont attendus ce week-end. Le parti d'extrême droite doit y lancer officiellement la campagne présidentielle de Marine Le Pen.
Le Rassemblement national (RN) organise son congrès à Orléans ce week-end, un rendez-vous qui doit permettre de lancer officiellement la campagne présidentielle de Marine Le Pen. Mais l'événement se tiendra sous haute tension : le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé mercredi que « plusieurs dizaines de milliers » de contre-manifestants étaient attendus dans la ville, en marge du rassemblement.
Pour encadrer ces deux événements simultanés, le ministre a annoncé « un dispositif de service d'ordre extrêmement conséquent ». « Énormément de forces mobiles seront engagées sur la sécurisation à la fois du congrès » et « des manifestations qui ont été déclarées », a-t-il précisé. Selon lui, certaines de ces manifestations « pourraient essayer d'attenter auxdits événements », justifiant ainsi le déploiement de moyens importants.
Les contre-manifestants sont attendus en nombre dès samedi, et « un peu moins le dimanche », a indiqué Laurent Nuñez. Une grande manifestation est prévue samedi à 10 h 30 au départ du parvis de la cathédrale d'Orléans, à l'appel de partis politiques et d'organisations syndicales, contre « le racisme, le fascisme et… », selon les organisateurs. Le ministre a souligné que « des manifestations sont prévues, dont une qui a été déclarée par des partis politiques, des organisations syndicales », tandis qu'« une autre le dimanche » est prévue, pour laquelle « les choses sont un peu moins cadrées ».
La tenue de ce congrès à six mois de l'élection présidentielle suscite la controverse. Jordan Bardella, président du RN, s'est indigné de la situation : « On est, à six mois de l'élection présidentielle, en train de se demander si le parti politique qui est donné en tête, donc potentiellement au gouvernement dans six mois, peut tenir un meeting de rentrée. » Il a affirmé la détermination de son parti à faire campagne : « Nous ferons nos meetings. »
Lundi, Jordan Bardella avait déjà interpellé le ministère de l'Intérieur, lui demandant de permettre à « l'ensemble des sympathisants et des représentants de la nation, élus sous l'étiquette du RN, de participer à ce rassemblement dans des conditions de sécurité saines et normales ». La réponse du gouvernement prend la forme d'un dispositif policier renforcé, destiné à garantir la sécurité des participants comme celle des manifestants.
Ce congrès doit marquer le coup d'envoi de la campagne présidentielle de Marine Le Pen, dans un contexte où le RN est donné en tête des intentions de vote. La mobilisation annoncée des opposants témoigne de la forte polarisation autour du parti d'extrême droite, à quelques mois d'un scrutin majeur pour la vie politique française.
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