Politique 3 min de lecture Par Rémi Lefèvre
Macron restreint les manifestations du 24 octobre aux seuls appels syndicaux
À l'issue d'un conseil de sécurité à l'Élysée, Emmanuel Macron a annoncé que les préfets interdiraient les manifestations prévues le 24 octobre en dehors de celles organisées par les syndicats. Des arrêtés ont déjà été pris à Lyon, Marseille et Lille, et un recours a été déposé devant le Conseil d'État.
Emmanuel Macron a fixé une règle stricte pour la journée de mobilisation du 24 octobre : seules les manifestations organisées par les syndicats seront autorisées. Le chef de l'État s'est exprimé en direct depuis le palais de l'Élysée à l'issue d'un conseil de sécurité réunissant les services de renseignement et le gouvernement. « La doctrine est très claire : partout où il y a une volonté de manifester ou de se regrouper, les demandes seront interdites par les préfets », a-t-il déclaré.
Cette annonce intervient alors qu'une nouvelle journée de mobilisation pour le pouvoir d'achat est annoncée. Les préfets ont rapidement appliqué la consigne. Les manifestations ont été interdites à Lyon et à Marseille par les préfets du Rhône et des Bouches-du-Rhône. La préfecture du Nord a de son côté interdit « toutes manifestations » et rassemblements samedi dans le centre de Lille.
La décision présidentielle ne se limite donc pas aux seuls cortèges du 24 octobre : elle encadre aussi les rassemblements du week-end dans certaines villes. Elle place les préfets au centre du dispositif, chargés d'examiner les demandes de manifestation au cas par cas et de les refuser lorsqu'elles n'émanent pas d'organisations syndicales.
Cette prise de position a immédiatement suscité des contestations juridiques. L'association de défense des libertés constitutionnelles et le Syndicat de la magistrature ont déposé un recours devant le Conseil d'État. Les deux organisations reprochent au président de la République ses propos de jeudi, demandant que seules les manifestations organisées par les syndicats soient autorisées dans les prochains jours.
Le chef de l'État reprend ainsi la main sur le maintien de l'ordre à l'approche d'une échéance sociale sensible. En présidant ce conseil de sécurité, il a voulu afficher un cadre clair avant les mobilisations, tout en s'exposant à une bataille juridique sur la liberté de manifester. La décision pourrait également peser sur les relations entre l'exécutif et les organisations syndicales, seules habilitées à défiler selon la doctrine annoncée.
Emmanuel Macron doit par ailleurs recevoir les organisations lycéennes vendredi à 15 heures, selon les informations disponibles. Cette rencontre s'inscrit dans un contexte de tensions autour des mobilisations et des violences urbaines qui ont accompagné certaines journées de protestation.
La journée du 24 octobre sera donc scrutée de près : les préfets devront appliquer une consigne présidentielle inédite, tandis que le Conseil d'État pourrait être amené à se prononcer sur sa légalité. Les syndicats, eux, restent les seuls organisateurs autorisés, ce qui devrait concentrer les cortèges autour de leurs appels.
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