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Midterms : Trump face au risque d'une perte du Congrès

À moins de deux semaines des élections de mi-mandat du 3 novembre, les démocrates pourraient reprendre la Chambre des représentants, voire le Sénat. Une politologue de l'UNLV analyse les conséquences : blocages budgétaires, auditions parlementaires et procédures de destitution.

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Etats-Unis : Auditions, destitution, blocages budgétaires… Trump sous la menace d’une défaite aux midterms

À moins de deux semaines des élections de mi-mandat du 3 novembre, Donald Trump pourrait perdre la majorité républicaine à la Chambre des représentants, voire au Sénat, selon Rebecca D. Gill, professeure associée de sciences politiques à l'Université du Nevada à Las Vegas. Une telle configuration réduirait considérablement sa marge de manœuvre pour les deux dernières années de son mandat et pèserait sur l'élection présidentielle de 2028.

« Au regard des sondages et de la participation aux primaires et aux élections partielles de ces derniers mois, il semble probable que Donald Trump perde au moins la majorité républicaine à la Chambre des représentants. La même chose pourrait bien se produire au Sénat », estime la politologue. Selon elle, une défaite compliquerait fortement l'adoption du budget fédéral. « Donald Trump a montré peu d'intérêt pour une collaboration avec le Congrès durant ce second mandat, même lorsque celui-ci lui était largement favorable, préférant tenter d'agir unilatéralement avant de se battre devant les tribunaux. Mais cette stratégie ne sera pas possible pour le budget », explique-t-elle.

Les démocrates pourraient conditionner leur soutien à de nouvelles lois de finances à la remise en cause de certaines dispositions du « One Big Beautiful Bill Act », l'une des principales réformes économiques et fiscales de Donald Trump. « À moins que Donald Trump accepte de signer un budget qui revienne sur une grande partie de son One Big Beautiful Bill Act, nous risquons d'assister à de nouvelles situations de shutdown », prévient Rebecca D. Gill. « Je m'attends à ce qu'il ait très peu de pouvoir dans ce domaine, même si les républicains parviennent à conserver le contrôle du Sénat », ajoute-t-elle.

La reprise du contrôle d'une ou des deux chambres par les démocrates aurait aussi des conséquences sur la surveillance de l'exécutif. « La deuxième conséquence serait une multiplication des auditions parlementaires, et éventuellement de nouvelles procédures de destitution visant différents responsables de l'administration », souligne la politologue. Les démocrates pourraient concentrer leurs investigations sur plusieurs dossiers sensibles. « Je pense qu'ils commenceront par les sujets sur lesquels il sera le plus difficile pour les élus républicains de continuer à soutenir le président, comme la guerre avec l'Iran, l'abandon apparent de l'Ukraine au profit de la Russie ou différentes affaires de corruption », avance-t-elle. Ces enquêtes pourraient provoquer de nouveaux affrontements entre le Congrès et la Maison-Blanche. « Tout cela pourrait entraîner davantage de départs au sein de l'administration et beaucoup de mauvaises séquences médiatiques pour le gouvernement. »

Au-delà de la fin du mandat présidentiel, ces élections pourraient surtout rebattre les cartes de la présidentielle de 2028. Pour Rebecca D. Gill, les personnalités républicaines qui espèrent succéder à Donald Trump devront résoudre une équation délicate. « J.D. Vance, Marco Rubio et les autres personnalités de la galaxie Trump auront beaucoup de mal à trouver un équilibre entre ne pas froisser la base électorale de Donald Trump, qui s'amenuise, et prendre leurs distances avec certaines de ses politiques impopulaires », analyse-t-elle. L'émergence d'un candidat extérieur au mouvement MAGA pourrait changer la donne. « Si une alternative crédible parvient à montrer une rupture avec Donald Trump sans s'aliéner activement ce qui reste de sa base MAGA, cela pourrait donner lieu à des primaires républicaines intéressantes. » Mais la politologue reste prudente sur les perspectives de 2028 : « Deux ans représentent une éternité en politique présidentielle. »

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Pauline Delorme

Auteur

Rédactrice culture

Pauline Delorme couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.